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Ladislas Agbesi : « Travaillons avec la France. Les panafricains sont dans le déni »

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Ladislas Prosper Agbesi est un self-made-man béninois installé en Afrique sud depuis plusieurs décennies. Président du Panafrican Business Forum, et à la tête d’un fonds d’investissement.

Ladislas Agbesi évoque dans cet entretien exclusif, la crise soudanaise, ses rapports avec les parties belligérantes, déclare son amour pour la France et, dénonce un déni des «panafricanistes».

Que vous inspire la situation qui prévaut en ce moment au Soudan ?
Ladislas AGBESI: C’est une situation très préoccupante pour l’Afrique et le monde entier. Compte tenu de la position stratégique du Soudan, c’est un conflit qui est hautement inquiétant et nous avons peur que la situation, déjà critique, ne se détériore. Cela pourrait impacter des millions de civils dans le pays mais aussi dans la toute la région. Vous voyez la situation sécuritaire qui prévaut au Mali, au Burkina Faso, au Niger. La chute de Mouammar Khadafi a ouvert la boîte de Pandore, et le terrorisme a frappé tous ces pays. Nous devons nous servir des erreurs du passé pour faire face à la crise au Soudan.

Vous connaissez les deux acteurs du conflit que sont les généraux Abdel Fattah Al Goran et Mohamed Hammam Dogolo. Comment mettre fin, selon vous, à ce conflit qui a déjà fait plusieurs centaines de morts?
Nous pensons qu’il est urgent d’obtenir avant toute chose, un cessez-le-feu. En tant qu’adepte du panafricanisme de Thomas Sankara, Kwame Nkrumah, et après avoir échangé avec plusieurs experts au Soudan et dans la partie orientale de l’Afrique, je pense très sincèrement que nous devons travailler à convaincre la France de jouer un rôle majeur dans la résolution de la crise. La position stratégique de la France, qui a ses anciennes colonies que sont le Tchad, la Centrafrique, sa connaissance du dossier lybien, et son implication dans les derniers conflits en Éthiopie, font d’elle un médiateur crédible. Si la situation reste en l’état, sachez qu’aucun pays ne sera épargné, ni en Afrique, ni en Europe où la vague migratoire va exploser.

La France a donc une réelle légitimité pour mettre les deux parties autour d’une table de négociation ?

Absolument ! C’est le seul pays occidental qui connaît l’Afrique mieux que quiconque. La France et l’Afrique sont les enfants d’une même mère. Quasiment tous les pays frontaliers du Soudan sont des partenaires stratégiques de la France dans les domaines économique, militaire et culturel. Après la chute de Omar El Bechir, la France a fait partie des pays ayant pesé pour que les intitulions internationales et les partenaires financiers mettent à disposition du pays les fonds nécessaires pour la relance économique. Il est urgent que la France organise un sommet international pour se pencher sur la résolution de la crise. La communauté internationale ne doit pas abandonner le Soudan, ni créer une Libye 2. Il ne faut pas se voiler la face, nous ne disposons pas des moyens dont dispose la France. La France peut servir d’interlocuteur crédible auprès de l’Union Africaine, l’Union européenne et les Nations Unies, sans oublier que la France aussi a une bonne relation avec les pays du Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis.

Le discours que vous tenez est un discours totalement à l’opposé de celui qu’on entend chez des Africains qui se font appeler “panafricains”.

Je ne suis pas dans le déni. Je suis un homme pragmatique. Nous sommes pas comme certains Africains qui, pour se rendre populaire, critiquent la France. Lors de ses derniers voyages en Afrique, le président Emmanuel Macron a tenu un discours de vérité, d’espoir et de responsabilité. L’Afrique a besoin d’un partenaire, un partenaire très important. Nous voulons travailler avec la France. Sans la France, l’Afrique serait comme une mer sans poissons. Avec le Panafrican Business, nous voulons un nouveau partenariat pour l’Afrique. Ce que je trouve totalement inapproprié, malsain et lunaire, c’est de voir nos frères africains qui sont en Europe, qui profitent du système de santé, des aides sociales, de la protection de l’État à tous les niveaux, mais critiquent l’Occident. Ils devraient rentrer en Afrique et créer de la richesse. Je suis né dans les années 70, et à l’époque, le Bénin s’est essayé au communisme. On connaît le résultat. Je voudrais dire à mes frères africains que le communisme n’a jamais apporté un développement en Afrique. Moi je ne souhaite plus que nous nous appuyons sur l’aide au développement pour construire et développer nos pays. Je préfère un partenariat win-win. Les jeunes Africains doivent tourner le dos aux discours populistes. Des discours vides qui n’apportent concrètement rien au panier de la ménagère. L’Afrique ne contrôle pas les Nations Unies, la Banque mondiale, etc. Comment voulez-vous alors imposer votre vision des choses. Voilà des leviers sur lesquels nous devons plus nous concentrer. Je pense qu’il y en a qui sont dans l’utopie. Ils sont en train de rêver. Moi, je ne suis pas un Panafrican des réseaux sociaux.

Monsieur le Président du Panafricain Business Forum, quelles sont les solutions aujourd’hui pour mettre fin à la crise soudanaise ?

La ville de Khartoum a été détruite. Des banques ont été incendiées. Ne restons pas dans le cynisme du passé. Le pays a besoin de se reconstruire et de retrouver la paix. Aucun partenaire occidental ne doit être de trop. Nous devons nous atteler à une autre forme de vision pour l’Afrique, et je pense que la France a toujours sa place sur notre continent.

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