Maryam Chammat et Albert Moukheiber.
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Les Russes appelés aux urnes après un été de répression, un article de Le Monde.fr – Actualités et Infos en France et dans le monde
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Des scrutins municipaux et régionaux ont lieu dans tout le pays, après une campagne agitée et une répression judiciaire que le pays n’avait plus connu depuis près de dix ans.
A travers tout le pays, les Russes se rendent aux urnes ce dimanche 8 septembre pour élire leurs représentants locaux, après une campagne agitée et une des plus importantes opérations de répression judiciaire contre des manifestants en près de dix ans. Des scrutins municipaux et régionaux ont lieu dans tout le pays au lendemain d’un échange historique de 70 prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, salué unanimement comme un premier pas vers une résolution du conflit qui oppose les deux pays depuis 2014.
Selon les analystes, les résultats du vote seront suivis de près à l’approche des élections parlementaires de 2021 et contribueront à façonner l’avenir politique de la Russie, alors que le président Vladimir Poutine entame sa troisième décennie au pouvoir.
Tous les yeux seront rivés vers la capitale, où des manifestations quasi-hebdomadaires ont eu lieu cet été pour protester contre l’éviction de candidats de l’opposition à l’élection du Parlement local. Pour la plupart non autorisées, elles ont donné lieu à près de 2 700 interpellations. Du jamais vu depuis la vague de protestations de 2011-2012 qui avait précédé le retour de M. Poutine à la présidence après un mandat de premier ministre.
A Moscou, scrutin sous haute tension
Les autorités ont brièvement emprisonné pratiquement tous les candidats d’opposition voulant participer au scrutin moscovite. Plusieurs manifestants ont également écopé de lourdes peines, allant jusqu’à quatre ans de prison. Un homme a lui été condamné à cinq ans de prison pour un tweet appelant à attaquer les enfants de policiers.
A Moscou, près de 7,2 millions d’électeurs seront appelés à élire 45 députés au Parlement de la ville, dominé par le parti au pouvoir, Russie Unie, et qui ne s’oppose jamais aux politiques du maire pro-Kremlin, Sergueï Sobianine.
Pas un seul candidat ne se présente toutefois officiellement sous les couleurs du parti, dont la popularité a atteint un score historiquement bas. L’opposant Alexeï Navalny, 43 ans, a appelé les Moscovites à « voter intelligemment » en soutenant ceux qui sont les mieux placés pour battre les candidats affiliés au pouvoir. La plupart d’entre eux sont communistes.
Plus de 5 000 élections
En tout, plus de 5 000 élections ont lieu dans le pays ce dimanche. Les Russes vont élire 16 gouverneurs régionaux et les parlementaires locaux de 13 régions, dont la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014.
En dehors de Moscou, la campagne pour l’élection du gouverneur de Saint-Pétersbourg a été parmi les plus controversées, le Kremlin soutenant le très impopulaire gouverneur sortant, Alexandre Beglov.
Samedi, Moscou a voulu se montrer sous son meilleur jour en organisant de nombreuses festivités et des feux d’artifice pour célébrer le 872e anniversaire de la fondation de la ville, et tenter de faire oublier les évènements de l’été. Les bureaux de vote y seront ouverts de 8 heures à 20 heures locales.
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Congo-Kinshasa: Le Premier ministre présente son programme devant les députés, un article de AllAfrica News: Corruption
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Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a présenté son programme de gouvernement, mardi 3 septembre, devant 70 % des députés que composent l’Assemblée nationale. Retour sur les grandes lignes de ce programme.
En environ deux heures de discours et 36 pages feuilletées, le chef du gouvernement a présenté son programme sans préciser le coût de sa réalisation, ni mentionner de mesures précises.
Comme tous ses prédécesseurs, Sylvestre Ilunga compte en finir avec les groupes armés dans l’est du pays, en allouant plus des moyens aux forces de sécurité, mais aussi assurer la gratuité de l’éducation, les soins de base, offrir l’accès pour tous à l’eau et à l’électricité.
Après avoir félicité ses deux patrons, l’ancien et le nouveau président, Sylvestre Ilunga a promis que « le temps du bricolage est fini ». Ce programme viserait, affirme-t-il aux députés, le « redressement de la nation par la base ».
Lutte contre la corruption
Pour financer ce programme, le recours aux partenaires extérieurs est de mise, mais Sylvestre Ilunga compte sur les recettes qu’il veut faire gonfler. Cela passe, selon lui, par le combat contre le détournement des deniers publics, les fuites des capitaux et la corruption.
En ce qui concerne l’administration publique, il compte exiger, « l’usage des budget programmes » pour la pratique d’une « véritable gestion axée sur les résultats ». Outre la création d’une juridiction spécialisée dans la lutte contre la corruption, Sylvestre Ilunga a égrené d’autres mesures très attendues comme l’organisation des élections locales, ce qui serait une première dans ce pays.
Il également évoqué le rapatriement des corps de deux figures politiques, le maréchal Mobutu et Moïse Tchombe. Les groupes parlementaires vont commenter ce programme et le vote, probablement suivi de l’investiture du gouvernement, pourrait intervenir dans 48 heures.
Mais par ailleurs, des dizaines de députés de l’opposition ont quitté la plénière, accusant la coalition au pouvoir d’escroquerie pour ne pas avoir chronométré le discours non distribué en amont de la plénière.
Le programme reste narratif, ne décrit pas concrètement quels types d’actions qui seront menées pour concrétiser le chapelet d’intentions qui est décrit.
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Vacoas: Impressionnante course-poursuite entre la police et un van
Plus d’infos: http://motinews.info/video/video-vacoas-impressionnante-course-poursuite-entre-la-police-et-un-van.
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Robert Mugabe, ancien président du Zimbabwe, est mort, un article de Le Monde.fr – Actualités et Infos en France et dans le monde
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Il était l’une des dernières figures des décolonisations en Afrique, l’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est mort vendredi 6 septembre, a annoncé sur Twitter le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa. L’ex-chef d’Etat, âgé de 95 ans, était hospitalisé à Singapour depuis le mois d’avril.
Robert Gabriel Mugabe naît le 21 février 1924 à Kutama, à 80 km au nord-ouest d’Harare, en Rhodésie du Sud, une colonie britannique. Il n’a que 10 ans lorsque son père disparaît en abandonnant sa famille. Celle-ci vit alors dans une mission catholique, où le jeune Mugabe poursuit sa scolarité avant d’aller au collège de Kutama, avec l’objectif de devenir enseignant.
Il part ensuite à Fort Hare, en Afrique du Sud, pour étudier l’anglais et l’histoire. Il y rencontre plusieurs personnalités du nationalisme africain, qui, quelques années plus tard, dirigeront leur pays, tel Julius Nyerere, qui présidera la Tanzanie. Il enseigne ensuite au Ghana, qui devient la première colonie d’Afrique indépendante, en 1957, puis rentre en Rhodésie du Sud en 1960.
Il est alors imprégné par l’idéologie marxiste et le nationalisme africain. En 1963, il crée son propre parti, l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU), issu de l’Union du peuple africain au Zimbabwe (ZAPU) de Joshua Nkomo. Ces mouvements sont favorables à l’indépendance de la Rhodésie pour se libérer du pouvoir des colons britanniques blancs minoritaires. En 1964, Robert Mugabe est emprisonné avec d’autres activistes pour ses propos critiques à l’égard du régime. Durant son incarcération, il passe des diplômes par correspondance, notamment en économie et en droit.
Guérilla contre le pouvoir blanc
Libéré en 1975, il part pour le Mozambique afin de mener une guérilla contre le pouvoir blanc depuis cette base arrière. Il prend la tête de la branche militaire de la ZANU. La guerre civile dure de 1975 à 1979 et fait au moins 30 000 morts. Des négociations ont lieu à Londres entre les représentants de la guérilla et le pouvoir blanc dirigé par le premier ministre Ian Smith. Elles s’achèvent en 1979 par les accords de Lancaster House. Ils conduisent à la fin de la guerre civile et prévoient des élections législatives en 1980. La ZANU de Mugabe les remporte avec une très nette majorité.
L’agriculture, pilier de l’économie, est ruinée
Le 18 avril 1980, Mugabe devient le premier ministre du nouvel Etat devenu indépendant sous le nom de Zimbabwe. Il compose alors un gouvernement de coalition regroupant la ZANU et la ZAPU. Les Blancs sont bien représentés au Parlement : 20 % des sièges leur sont réservés alors qu’ils ne représentent que 3 % de la population. Une fois élu, Mugabe prend des mesures pour améliorer le niveau de vie de la population. Il lance surtout une réforme agraire. Les premières expropriations de terres possédées par des Blancs provoquent une catastrophe agricole. Les terres expropriées sont données à des fidèles du régime qui n’ont pas les connaissances et les techniques pour les exploiter. L’agriculture, pilier de l’économie, est ruinée, ce qui plonge la population dans la misère et la famine.
En 1987, la ZANU et la ZAPU fusionnent en une ZANU-PF (ZANU-Front patriotique). Mugabe en prend le contrôle et est élu en décembre président du pays, instaurant un régime autoritaire. Les Blancs perdent ce qui leur restait de pouvoir et commencent à fuir massivement le pays. Dans ce contexte, Mugabe est réélu deux fois à la présidence du pays, en 1990 et 1996.
De plus en plus contesté
Mais le pouvoir autoritaire de Mugabe est de plus en plus mis en cause au sein de la ZANU-PF et de la population, d’autant que la situation économique ne cesse de se dégrader. Un parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), dirigé par Morgan Tsvangirai, est créé en 2000. En 2002, Robert Mugabe gagne à nouveau l’élection présidentielle, mais celle-ci est contestée en raison de fraudes. La communauté internationale réagit et instaure des sanctions. Le pays est exclu du Commonwealth, qui rassemble de nombreux anciens territoires britanniques.
Des billets de 100 milliards de dollars zimbabwéens sont émis
De nouvelles élections présidentielle et législatives ont lieu en mars 2008. Tsvangirai arrive en tête du premier tour mais le régime réprime alors violemment l’opposition. Dans ce contexte, Tsvangirai décide de boycotter le scrutin, ce qui permet à Mugabe d’être réélu. Mais la situation du pays ne s’arrange pas et l’économie s’enfonce dans la crise. Elle plonge dans l’hyperinflation et de nombreux produits, notamment alimentaires, font défaut. Des billets de 100 milliards de dollars zimbabwéens sont même émis. La population recourt à une économie de troc, qui est entravée par la pénurie d’essence. Cette pauvreté croissante contraste avec le luxe dans lequel vivent Mugabe et sa femme, Grace, de quarante et un ans sa cadette, et la gabegie dans les dépenses publiques.
Mugabe est contraint, par la pression internationale, d’ouvrir son pouvoir. Tsvangirai devient le premier ministre d’un gouvernement d’union nationale en février 2009. Mais les tensions sont fortes au sein de l’exécutif. En 2013, un nouveau scrutin présidentiel a lieu, marqué par des fraudes multiples que Tsvangirai dénonce avec vigueur. Ce qui n’empêche pas Mugabe d’être réélu.
Mugabe s’accroche au pouvoir et joue du népotisme. Il souhaite que sa femme, Grace, lui succède. Lorsque celle-ci demande publiquement, le 5 novembre 2017, que Mugabe lui laisse le pouvoir, l’armée intervient. Les deux époux sont placés en résidence surveillée. Une procédure de destitution est lancée contre Robert Mugabe, qui démissionne le 21 novembre 2017, laissant un pays exsangue et ruiné. La tâche d’Emmerson Mnangagwa, élu à la présidence du pays en 2018, est immense.
Vendredi, ce dernier a en tout cas salué la mémoire d’une « icône de la libération » :
Cde Mugabe was an icon of liberation, a pan-Africanist who dedicated his life to the emancipation and empowerment o… https://t.co/0brWYR7Ok6
« Le camarade Mugabe était une icône de la libération, un panafricaniste qui a consacré sa vie à l’émancipation et à la responsabilisation de son peuple. Sa contribution à l’histoire de notre nation et de notre continent ne sera jamais oubliée. Que son âme repose en paix éternelle. »
Robert Mugabe
21 février 1924 Naissance à Kutama en Rhodésie du Sud
1963 Création de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU)
1964-1975 Emprisonné pour propos subversifs
1980 Devient premier ministre de la Rhodésie indépendante, devenue Zimbabwe
1987 Président de l’Etat du Zimbabwe
2002 Après une présidentielle frauduleuse, des sanctions
2009 Gouvernement d’union nationale
21 novembre 2017 Mugabe démissionne de la présidence
6 septembre 2019 Mort à Singapour à l’âge de 95 ans
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