Grand-Popo abrite depuis ce jeudi 2 juillet 2026 une conférence stratégique internationale sur l’ingénierie de la coopération décentralisée et le financement durable des projets territoriaux.
Cette rencontre de trois jours qui rassemble élus locaux, experts et partenaires techniques autour des défis du développement territorial et de la coopération décentralisée est une initiative de l’Agence “ Afrik Performm Culture et Tourisme” (APCT) qui s’est donnée pour mission de favoriser des partenariats innovants au profit des collectivités territoriales et de promouvoir le financement durable des projets territoriaux.
Au cœur des échanges figurent les missions des communes, véritables maîtres d’œuvre du développement local. Elles sont notamment chargées de conduire les politiques de développement économique, social, culturel et scientifique, de mobiliser les ressources issues des transferts de l’État, des recettes fiscales locales et des partenariats, de fédérer les acteurs autour d’une vision commune du développement et de veiller à un développement équilibré au profit de toutes les localités.
La coopération décentralisée apparaît ainsi comme un levier stratégique pour soutenir leurs actions et faciliter le financement des projets de développement.
« Coopérer, réinventer et connecter les territoires… »
Ouvrant officiellement les travaux, le directeur général de l’Agence Afrik Performm Culture et Tourisme (APCT), Donatien Gaglozoun, a situé les enjeux de cette rencontre internationale. Accueillant les participants dans la cité balnéaire de Grand-Popo, il a rappelé que cette conférence repose sur trois piliers majeurs : coopérer, réinventer et connecter. Pour lui, les territoires africains doivent désormais dépasser les approches classiques du développement et bâtir des partenariats capables de transformer les potentialités locales en véritables moteurs de prospérité.
« Un territoire durable n’est pas seulement un lieu préservé ; c’est un territoire connecté, capable de dialoguer avec le monde pour capter les ressources qui lui manquent. C’est un territoire bancable, où la rigueur de nos dossiers répond à l’exigence de nos ambitions », a-t-il déclaré.

À l’en croire, cette conférence ne se résume pas à un simple cadre d’échanges. Elle constitue un véritable chantier destiné à renforcer l’ingénierie des collectivités territoriales, à maîtriser les mécanismes de la finance durable et à connecter les réalités locales aux opportunités internationales.
Saluant l’implication du Conseil des Collectivités Territoriales de l’UEMOA (CCT/UEMOA), de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ainsi que des partenaires venus de plusieurs pays africains, il a estimé que « l’Afrique de demain se dessine au cœur de ses territoires, portée par des collectivités innovantes et solidaires ».
Grand-Popo veut renforcer son attractivité…
Prenant ensuite la parole, le maire de Grand-Popo, Carlos Yao Ayikpé, s’est réjoui du choix porté sur sa commune pour accueillir cette rencontre d’envergure internationale.
Selon l’autorité communale, cette table ronde intervient dans un contexte où les collectivités territoriales sont appelées à imaginer de nouveaux modèles de développement fondés sur des partenariats solides, des financements innovants et une coopération internationale renforcée. « Pour Grand-Popo, cette rencontre est bien plus qu’un événement.
Elle constitue une étape stratégique vers la construction d’un développement durable enraciné dans les réalités locales et ouvert sur le monde », a-t-il affirmé. Il a rappelé que cette ambition s’inscrit pleinement dans la vision de la mandature 2026-2033, qui vise à faire de Grand-Popo une commune attractive, résiliente et prospère, capable de mobiliser compétences, investissements et opportunités de coopération au profit de sa population.
Insistant sur l’importance des synergies entre collectivités, institutions financières, secteur privé et partenaires internationaux, il a exprimé sa reconnaissance à l’APCT ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques et financiers ayant contribué à l’organisation de cette conférence. L’élu a également invité les participants à découvrir le potentiel économique, touristique, environnemental et culturel de Grand-Popo, convaincu que les investissements et les partenariats internationaux contribueront durablement au développement de la commune et, plus largement, du Bénin.
Un appel à fédérer les efforts pour le développement local
Prenant part à cette conférence stratégique internationale, Christiane Sanon, conseillère en gestion du patrimoine culturel et directrice générale au Burkina Faso , a salué l’initiative des organisateurs, qu’elle considère comme une opportunité de renforcer la coopération décentralisée dans la sous-région.« Je salue l’initiative des organisateurs pour avoir pensé à cette thématique et pour avoir également permis une coopération décentralisée au niveau de la sous-région.
Nous avons besoin d’une collaboration mutuelle et d’échanges afin que nos villes soient mieux préparées et que nous puissions donner le meilleur aux populations », a-t-elle déclaré. La directrice s’est par ailleurs réjouie du rapprochement politique entre les pays représentés, y voyant un signal encourageant pour une coopération plus étroite. Elle a appelé à la mutualisation des efforts et des expertises afin d’accompagner les collectivités territoriales dans la réalisation de leurs ambitions, au bénéfice des populations africaines.
Les fondamentaux de la coopération décentralisée décryptés

Consacré aux fondamentaux de la coopération décentralisée, invité pour la circonstance, le premier module de cette conférence a été animé par Ibrahima Niang, expert-formateur en développement local et promoteur de l’ONG Banlieue du Monde en Mauritanie. Au cours de son exposé, il est revenu sur les concepts de base de la commune, les enjeux et la cartographie des acteurs de la coopération décentralisée. Il a également expliqué les mécanismes d’alignement de celle-ci avec les Plans de développement communaux (PDC 4) et les Objectifs de développement durable (ODD).
Pour le formateur, la coopération décentralisée englobe les relations de jumelage et d’amitié entre collectivités territoriales, l’aide au développement, l’action humanitaire ainsi que l’assistance technique. Il a par ailleurs mis en lumière les défis auxquels font face les communes, notamment l’insuffisance des ressources financières pour assurer efficacement leurs missions de développement.
Déclinant les différentes dimensions de la coopération décentralisée, Ibrahima Niang a évoqué les volets politique, géographique, organisationnel et technique. Il a souligné que cette coopération repose sur des intérêts communs entre territoires, mobilise plusieurs catégories d’acteurs et se traduit par la mise en œuvre de projets, d’investissements et d’actions de renforcement des capacités. Selon lui, le principe de réciprocité demeure le socle de toute coopération décentralisée réussie.
“ Afrik Performm ”: un cabinet au service du développement territorial
Créé en novembre 2021, Afrik Performm est un cabinet d’expertise territoriale spécialisé dans la coopération décentralisée, l’ingénierie des projets territoriaux et l’élaboration des politiques culturelles locales. Il accompagne les collectivités territoriales dans la conception et la mise en œuvre de projets pilotes favorisant un développement durable des territoires. Pour son directeur général, Donatien Gaglozoun, les collectivités territoriales constituent le socle du développement local. Convaincu que « la richesse se trouve au niveau des territoires », le cabinet mise sur le renforcement des capacités des communes, la promotion des partenariats et l’accompagnement des autorités locales dans la recherche de solutions innovantes au service des populations.
Placée sous le haut patronage de la mairie de Grand-Popo, cette conférence réunit le Conseil des Collectivités Territoriales de l’UEMOA (CCT/UEMOA), des représentants de la BOAD, des maires, des élus locaux, des cadres territoriaux, des experts en gouvernance locale, des partenaires techniques et financiers, ainsi que plusieurs délégations venues des pays de la sous-région. Tous entendent faire émerger des pistes concrètes pour renforcer la coopération décentralisée et assurer un financement durable des projets territoriaux.
Pour Donatien Gaglozoun, l’un des premiers acquis de cette rencontre réside dans les échanges qu’elle favorise entre acteurs territoriaux. « C’est déjà cela, le partenariat. Le simple fait de venir participer à cette conférence constitue déjà un début de partenariat », a-t-il expliqué.
































