Les représentants du peuple ont adopté, il y a quelques jours, à l’occasion de leur plénière, le projet de loi portant création de la Haute autorité de lutte contre la corruption.
Cette séance a suscité un débat houleux de la part des élus du peuple de l’opposition qui ont émis des réserves sur le mode de désignation des personnalités censées gérer la nouvelle institution. Car, la Haute autorité de lutte contre la corruption devant œuvrer en toute indépendance dans ses prescriptions, le chef de l’Etat ne devait pas intervenir dans la désignation de ses animateurs, a soutenu l’opposition parlementaire conduite par son chef Pascal Tsaty Mabiala.
L’institution aura l’obligation d’adresser, chaque trimestre, à terme échu, un rapport d’activités au président du Sénat, de l’Assemblée nationale, au Premier ministre et au ministre de la Justice.
La Haute autorité de lutte contre la corruption remplace la Commission nationale de lutte contre la corruption ainsi que l’Observatoire anti-corruption, jugés peu efficaces. Ce, afin d’atteindre l’objectif de « rupture » avec les mentalités déviantes et les comportements négatifs du passé, tant décriés par le président de la République et dont le gouvernement en a fait son cheval de bataille depuis plus de deux ans. Ceci, également dans le souci de prévenir et de réprimer plus efficacement les actes de corruption, de concussion et de fraude.
A la différence de la défunte Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, la nouvelle institution connaîtra un mode de recrutement particulièrement nouveau et original. Chaque poste sera ouvert à candidature publique. Tout Congolais, jouissant de ses droits civiques et non condamné pour des crimes ou délits ou à une sanction privative de liberté, pourra postuler. C’est au terme de ce processus de sélection inédit que les animateurs de la Haute autorité de lutte contre la corruption seront nommés par décret en Conseil des ministres ou décret du premier ministre, chef du gouvernement, en fonction du poste concerné.
Sur initiative du gouvernement, conformément aux dispositions des articles 125 et 143 de la constitution, le projet de loi a été adopté par 107 députés alors que 06 députés ont voté contre et un s’est abstenu.
Manifestation de « gilets jaunes » à Bordeaux, le 22 décembre 2018. NICOLAS TUCAT / AFP
A trois jours de Noël, les « gilets jaunes » comptaient de nouveau mobiliser leurs troupes dans toute la France pour un sixième samedi d’affilée de manifestations. Mais la fronde marque le pas.
Le ministère de l’intérieur comptabilisait 38 600 manifestants à travers le pays à 18 heures, contre 66 000 le 15 décembre. Depuis le pic du 17 novembre et les 282 000 manifestants recensés, la mobilisation est en baisse. Ils étaient 166 000 « gilets jaunes » à manifester le 24 novembre et 136 000 les 1er et 8 décembre.
A Paris, pour ce sixième samedi consécutif de mobilisation, la préfecture dénombrait 2 000 manifestants vers 18 heures, contre près de 4 000 à son maximum samedi dernier.
Situation calme à Versailles, où plusieurs milliers de personnes s’étaient déclarées « intéressées » par une manifestation organisée sur l’avenue de Paris, juste en face du château. Une soixantaine de « gilets jaunes » seulement se trouvaient sur l’avenue vers midi, au milieu d’un important dispositif policier, selon l’Agence France-presse (AFP). Par crainte de débordements, le domaine et le château de Versailles avaient été fermés « de manière préventive ».
Quelque 2 600 « gilets jaunes » ont défilé à Bordeaux et 2 500 à Toulouse, selon les préfectures. Une mobilisation conséquente mais inférieure aux 4 500 manifestants comptabilisés samedi dernier dans ces deux villes, en pointe depuis le début du mouvement.
Environ 1 000 « gilets jaunes » ont manifesté à Lille dans l’après-midi, chantant la Marseillaise et scandant « Macron démission ! ». Ils étaient 500 à Nantes selon la préfecture, dans un calme « relatif ». A Rennes, une importante opération escargot était en cours en début de soirée.
Quelque 80 « gilets jaunes » se sont rassemblés samedi midi devant la maison de Brigitte et d’Emmanuel Macron au Touquet, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui tentaient de forcer le dispositif policier.
La veille au soir, un pantin à l’effigie du président a été décapité lors d’une manifestation à Angoulême, une « mise en scène macabre » qui a été signalée au parquet, a annoncé samedi la préfecture de Charente. Ces faits « portent gravement atteinte tant à la personne qu’à la fonction du président de la République » et sont « susceptibles d’être qualifiés pénalement », précise-t-elle dans un communiqué.
Jeudi, le ministère de l’intérieur avait décompté 3 680 « gilets jaunes », soit l’étiage le plus bas depuis le début de ce mouvement né en réaction à une hausse prévue des taxes sur les carburants – que le gouvernement a depuis annulée.
Sur l’ensemble du territoire, 220 personnes ont été interpellées, dont 81 placées en garde à vue, selon la police. Les interpellations ont concerné 142 personnes dans la capitale, dont dix-neuf en garde à vue, la plupart pour des « attroupements en vue de commettre des violences ». Pour rappel, en amont des mobilisations du 8 décembre, les forces de l’ordre avaient réalisé près de 1 500 gardes à vue en une journée, un record.
Parmi les gardés à vue de ce samedi figure l’un des porte-voix des « gilets jaunes », Eric Drouet, 33 ans. Il a été arrêté peu après 14 heures rue Vignon, dans le quartier de la Madeleine, au milieu de quelques dizaines de manifestants. Ce chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne) avait contribué à lancer la mobilisation contre la hausse des carburants en novembre. C’est aussi lui qui avait appelé à manifester à Versailles ce samedi, avant de lancer sur Facebook dans la matinée un appel à se rassembler plutôt à Montmartre.
Plusieurs « gilets jaunes » ont été filmés ce matin en train de chanter La Quenelle, de Dieudonné, sur le parvis du Sacré-Cœur. Encadrés par des forces de l’ordre, quelque 200 manifestants rassemblés sur la butte Montmartre avaient ensuite quitté le 18e arrondissement pour partir vers le centre, dans une ambiance parfois tendue, selon une journaliste de l’AFP. Ils se sont séparés en groupes épars de dizaines de personnes déambulant sans itinéraire, parfois bloqués par les forces de l’ordre ou repoussés à coups de gaz lacrymogènes.
Comme la semaine dernière, 69 000 membres des forces de l’ordre environ avaient été déployés, dont 8 000 à Paris, appuyés par des véhicules blindés à roues de la gendarmerie.
En fin de journée, les Champs-Elysées ont été le théâtre de violents accrochages entre « gilets jaunes » et policiers. L’avenue a été évacuée et un important dispositif de forces de l’ordre déployé sur place.
Le matin, pourtant, seuls une vingtaine de « gilets jaunes » s’étaient rassemblés en haut de l’avenue, en face de l’arc de Triomphe. Contrairement aux cinq samedis précédents, la circulation était possible également place de la Concorde. Les cafés et restaurants ont déployé normalement leurs terrasses et la quasi-totalité des magasins exhibait leur vitrine. Seules quelques boutiques de luxe sont restées fermées.
Dans la nuit de vendredi à samedi, un automobiliste est mort après avoir percuté un camion bloqué à un barrage filtrant de « gilets jaunes », à l’entrée d’autoroute de Perpignan-sud, a déclaré le procureur de Perpignan, Jean-Jacques Fagni.
M. Fagni a précisé que la plupart des manifestants présents lors de l’accident s’étaient enfuis. Une enquête de flagrance a été ouverte pour « homicide involontaire aggravé et entrave à la circulation ».
Au niveau du Boulou, près de la frontière espagnole, plus de 300 « gilets jaunes » bloquaientdepuis samedi matin une bretelle d’autoroute. « Le roi Macron donne des miettes aux gueux », « Le mépris ça suffit », pouvait-on lire sur leurs banderoles. Ils étaient encadrés par un cordon de gendarmes qui les empêchaient d’accéder au péage.
En début d’après-midi, les « gilets jaunes » et des dizaines de militants séparatistes catalans, vêtus eux aussi de gilets jaunes et brandissant le drapeau indépendantiste, ont été délogés par les forces de l’ordre, a affirmé à l’AFP la préfecture des Pyrénées-Orientales. Les manifestants ont été chassés hors de l’autoroute à coups de gaz lacrymogènes et se sont massés sur un pont, jetant des objets sur l’axe routier.
Dans le Sud-Est, la circulation sur l’autoroute au poste-frontière de Vintimille, dans les Alpes-Maritimes, a été bloquée dans les deux sens entre l’Italie et la France à cause d’un barrage érigé par quelque 200 manifestants, d’après l’AFP. Vers midi, le barrage est devenu filtrant pour les automobilistes mais les camions étaient toujours bloqués.
A Strasbourg, une centaine de « gilets jaunes » ont bloqué la route d’accès au pont de l’Europe, frontalier avec l’Allemagne, avant d’être délogés par les forces de l’ordre. La police a procédé à six interpellations.
Des blocages ont également été signalés dans la nuit de vendredi à samedi dans le Nord, sur les autoroutes A2 et A22, à la frontière belge. Selon Vinci Autoroutes, quelques entrées, sorties et barrières de péage sont encore fermées sur le réseau, notamment sur l’autoroute A7.
Une équipe de BFM-TV et une journaliste du Progrès ont été prises à partie samedi matin à Saint-Chamond (Loire) par des« gilets jaunes » tandis qu’ils couvraient leur action de blocage de l’autoroute A47, a-t-on appris auprès de leurs rédactions.
Notre sélection d’articles pour tout comprendre aux « gilets jaunes »
Giresse Akono et André Ocko Alpha, deux écrivains congolais, ouvrent une fenêtre de contributions potentielles et expérimentales en faveur de la lutte contre le fléau, à travers les essais : « La Corruption : un mal nécessaire ? », « Vaincre la corruption : fiction ou réalité ? », pour le premier et « Lutte contre la corruption en Afrique » pour le second.
» La corruption : un mal nécessaire ? «
C’est une réflexion subtile sur les vertus et les vices de la corruption. Dans cet ouvrage, Giresse Akono Gantsui analyse la notion complexe de corruption et rappelle que, malgré les qualités dont certains voudraient la parer, la corruption est un mal à éradiquer pour parvenir à un monde meilleur.
L’auteur fait savoir que certains prêtent à la corruption des effets positifs, affirmant qu’elle permettrait d’éviter une réglementation pesante et un système juridique inefficace. On parle même de « mécanisme lubrifiant » de la corruption. D’où la thématique du livre à travers ce questionnement de l’auteur : la corruption serait- elle un mal nécessaire ?
D’un concept culturel sans signification universelle, pour certains, à un concept « occidental », inapplicable à certaines sociétés, pour d’autres, nombreuses sont ces théories qui plaident en faveur de la corruption comme un acte légitime et indispensable au fonctionnement de toute société. Ces théories poussent le bouchon plus loin en préconisant l’emploi des expressions comme « comportement éthique ou contraire à l’éthique » plutôt que « comportement corrompu et non corrompu », assimilant la corruption à un lubrifiant des économies nationales.
Sur la même thématique, Giresse Akono aborde, à travers un second ouvrage intitulé » Vaincre la corruption : fiction ou réalité ? « , les problèmes engendrés par ce fléau dans les sociétés africaines. Il propose des réflexions et solutions pour y remédier, avançant la thèse selon laquelle, la victoire contre la corruption dans les sociétés à l’échelon mondial ne saurait être un acte isolé d’un pays ou associations, cela exige l’engagement et l’action d’un large éventail de parties prenantes.
Les gouvernements et autres organismes internationaux doivent veiller à la mise en place d’une législation anti-corruption et des politiques favorisant l’intégrité des entreprises et agents publics. Les entreprises doivent intensifier leurs efforts en matière de contrôle et de mise en conformité, particulièrement dans les environnements à déficit institutionnel qui sont sensibles à la corruption.
Sur l’auteur, nous retiendrons qu’il est expert certifié en ingénierie entrepreneuriale et management des organisations. Giresse Akono Gantsui est le fondateur et président directeur du premier cabinet d’entrepreneuriat social au monde dénommé Docteur Audit. Postulant au prix Nobel en économie et expert économiste en bonne gouvernance et corruption, il est à l’origine de plusieurs théories souvent présentes dans ses écrits telles que la théorie de la pyramide entrepreneuriale, la théorie sur la médecine organisationnelle, la théorie de l’exemplarité pyramidale et la théorie du triangle vicieux de la corruption.
Même thématique, autre ouvrage, » Lutte contre la corruption en Afrique: enfin, les dirigeants se réveillent ! Ce dernier est de l’écrivain André Ocko Alpha. Diplômé de l’ENA de Paris et titulaire d’un DSGS-MBA au Centre africain d’études supérieures en gestion de Dakar, André Ocko Alpha, né le 15 mai 1958 au Congo-Brazzaville, est détenteur d’un certificat en « Gouvernance et lutte contre la corruption » décerné par l’Institut international d’administration publique de Paris. Il s’est donné pour mission de sensibiliser tous les acteurs de la société au problème de la corruption. Dans cet essai bien documenté, il propose des solutions efficaces pour contrer ce mal. Au-delà des mots, l’auteur affirme qu’il est grand temps de mettre en place des stratégies de lutte afin de combattre ce phénomène et, peut-être, enfin parvenir à réduire sensiblement son impact.
Ayant exercé les fonctions de conseiller dans certains ministères, André Ocko Alpha a été un des acteurs pivot de la mise en place du dispositif congolais anti-corruption en 2002-2003, avant d’occuper les fonctions d’assistant à la gouvernance puis de chef du département communication et éducation de l’ex-commission congolaise de lutte contre la corruption. Il met à profit son expérience de premier cadre africain à avoir effectué des stages dans les organes français anti-corruption, afin d’aider à résoudre le problème.
Soulignons que les trois ouvrages sont parus aux éditions Jets d’Encre à Paris, en France.
Les élections entrant dans le cadre du renouvellement des responsables dirigeants de la fédération nationale des étudiants du Bénin ( FNEB) a eu lieu le mercredi 19 décembre dernier à l’Université d’Abomey Calavi.
Le Bénin continue de faire des prouesses dans la recherche de financement pour assainir la ville de Cotonou. Le gouvernement et la Banque Européenne d’investissement ont procédé ce vendredi à la signature d’un accord de prêt de 33 milliards de Fcfa représentant la contribution de la banque au Programme d’assainissement fluvial de Cotonou devant permettre de mettre à l’abri des inondations près de 1.200.000 béninois.
Komi Koutche, ex-ministre de l'économie et des finances
Komi Koutche, ex-ministre de l’économie et des finances
Contrairement à ce qui est distillé au sein de l’opinion publique, l’ex-ministre Komi Koutche n’a pas encore recouvré sa liberté. Il est toujours détenu par Interpol Madrid et est en attente de sa comparution devant le juge qui doit décider de son extradition ou non.
Luanda — Le Président de la République d’Angola, João Lourenço, a déclaré vendredi, à Luanda, que le MPLA n’a pas l’intention de monopoliser la lutte contre la corruption, il a seulement pris cette initiative.
« S’il y a une force politique qui se sent exclue de cette lutte, c’est parce qu’elle s’est exclue elle-même » – a estimé le chef de l’Etat lors de l’interview collective accordée aux journalistes ce matin au Palais présidentiel.
João Lourenço a déclaré: « Nous ne fermons pas les portes à qui que ce soit… Dire que cette lutte appartient au MPLA (…) et que nous ne voulons l’interférence d’autre personne. Ce n’est pas vrai. «
Le Président a rappelé qu’il lançait un appel permanent à la participation et à la contribution de tous, sans exclusion.
Le Chef de l’Etat angolais a confirmé qu’il avait des alliés dans ce combat: « Non seulement nous ne voulons pas être seuls, comme nous sentons que nous ne sommes pas seuls dans cette lutte ».
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