Les députés ont adopté ce jeudi, le budget général de l’Etat, exercice 2019. Par 69 voix pour et 11 contre, ce budget s’établit en recettes et dépenses à la somme de plus de 1877, 543 milliards de Fcfa contre 1.862, 918 milliards de FCfa en 2018, soit une hausse de 0,8%.
Tunis — Le président de l’Instance Nationale de la Lutte Contre la Corruption (INLUCC), Chawki Tabib, a lancé, mercredi, à Tunis, un appel aux hommes d’affaires affiliés à l’UTICA, pour qu’ils déclarent leur patrimoine, soulignant que jusqu’à ce jour, un nombre réduit de patrons ont finalisé cette procédure.
Intervenant à une rencontre sur le thème « la science des données, un moyen pour booster le développement économique en Tunisie », organisée au siège de la centrale patronale, Tabib a invité les responsables de l’UTICA, la plus grande organisation syndicale, représentant le patronat, à déclarer leurs biens.
Et d’affirmer «notre objectif ne consiste pas à recenser les biens des Tunisiens, car nous pouvons le faire via une coopération avec le système bancaire, les services de la fiscalité et les administrations foncières, mais ce que nous ciblons vraiment, à travers cette loi, c’est de rétablir la confiance des Tunisiens en leurs élites politique, sociale et économique ».
Et d’ajouter que cette démarche portera ses fruits notamment, pour les investisseurs et hommes d’affaires tunisiens, étant donné qu’elle permettra d’améliorer notre notation, grâce au rétablissement du climat des affaires et l’instauration d’une meilleure transparence, dans le pays. Ce processus encouragera les investisseurs étrangers à nouer des relations de coopération avec les Tunisiens.
Par ailleurs, l’application de la législation en matière de déclaration du patrimoine, permettra de faire face à l’enrichissement illicite et au conflit d’intérêts dans le secteur public, autrement dit, elle servira à lutter contre le commerce parallèle qui menace l’économie tunisienne, a-t-il encore avancé.
Nous faisons face à un système de lobbying, dont les capacités sont plus importantes que celles de l’Etat
La Science des données (la Data science), qui fait associer les bases des données disponibles, aux applications de l’intelligence artificielle, « pourra renforcer les moyens de l’Etat, pour dévoiler les secteurs les plus touchés par la corruption et aussi, cerner les personnes qui sont impliquées. Ces applications sont en mesure, de dévoiler les défaillances dans nos systèmes, et d’offrir l’opportunité aux décideurs, de prendre les mesures adéquates pour y remédier », a-t-il souligné.
Partant, il a fait part de la volonté de l’Instance de collaborer avec la start-up MajestEYE, afin de profiter des nouvelles technologies dans la guerre contre la corruption.
Créée depuis un an, la start-up tunisienne MajestEYE, regroupe un ensemble de compétences fonctionnelles et techniques spécialisées dans le développement de la science de données. Son objectif est de devenir le partenaire privilégié de la transition vers un modèle commercial numérisé et axé sur les données.
La Banque d’investissement et de développement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bidc) et le Bénin ont signé deux accords de prêts d’un montant total de 42 milliards Fcfa, pour permettre de financer les projets de construction d’adduction d’eau villageoise (Aev) et de raccorder le réseau électrique dans plusieurs localités rurales.
D’après le conseil des ministres du mercredi 19 décembre, la simplification de la procédure d’immatriculation des véhicules à quatre roues est un volet de la nécessaire modernisation des formalités liées à la mise en consommation des véhicules et à l’allègement de la constitution des pièces administratives y relatives. Ainsi, à compter du premier trimestre 2019, le délai entre le dépôt du dossier et l’obtention des plaques d’immatriculation sera de 24 h.
La direction du « Spiegel » s’est excusée auprès de ses lecteurs, choisissant de faire elle-même la transparence sur les articles « falsifiés ». KAY NIETFELD / AP
C’était un journaliste vedette, une des plumes du Spiegel, un jeune homme de 33 ans qui, le 3 décembre, à Berlin, s’était vu décerner le Prix du meilleur reportage de l’année pour un article sur la guerre en Syrie paru en juin dans le grand hebdomadaire allemand.
Deux semaines plus tard, la gloire a laissé la place à l’opprobre. Dans un long article publié mercredi 19 décembre sur son site Internet, le Spiegel affirme que « toutes les sources » du reportage pour lequel Claas Relotius a été primé sont « douteuses ». Avant d’ajouter : « Beaucoup de choses sont purement imaginées, inventées, mensongères. Citations, lieux, scènes, personnages soi-disant de chair et de sang. Fake ! »
Mais l’accusation ne s’arrête pas là. Selon le Spiegel, ce sont au moins quatorze des quelque soixante articles écrits par Claas Relotius dans l’hebdomadaire depuis 2011 qui seraient « en partie falsifiés ». D’autres titres pourraient être concernés : avant d’être intégré à la rédaction du Spiegel, en 2017, le journaliste avait « pigé » pour de nombreux autres journaux, comme la Süddeutsche Zeitung, la Frankfurter Allgemeine Zeitung ou Die Welt.
C’est à la suite d’un reportage publié à la mi-novembre que le Spiegel a démasqué son reporter vedette. Consacré à une milice de citoyens américains patrouillant le long de la frontière avec le Mexique pour barrer la route aux migrants venus du Sud, cet article avait été cosigné avec un autre journaliste du Spiegel, lequel avait eu des doutes sur l’authenticité des sources citées par son confrère.
« La peur de l’échec »
« Après avoir commencé par nier, Relotius a finalement avoué en fin de semaine dernière », indiquait, mercredi, le Spiegel. Selon l’hebdomadaire, le reporter, qui a désormais quitté l’entreprise, a « trompé avec intention et de façon méthodique », n’a « jamais rencontré nombre de protagonistes qu’il cite ». Quant à ses « descriptions », « beaucoup sont inspirées d’autres médias ou d’extraits vidéos ».
Pour expliquer son besoin d’enjoliver ses récits afin de les rendre plus plaisants à lire, Claas Relotius aurait évoqué « la peur de l’échec » : « La pression que je me mettais à ne pas m’autoriser à échouer grandissait au fur et à mesure que j’avais plus de succès », aurait-il avoué à sa hiérarchie. « Je suis malade et j’ai besoin qu’on m’aide », aurait-il ajouté.
Dans son article de mercredi, le Spiegel affirme que l’affaire est « un des moments les plus difficiles de [ses] 70 ans d’histoire », « un choc » pour l’ensemble des employés du magazine de Hambourg, fondé en 1947 et longtemps considéré comme le temple du journalisme d’investigation en Allemagne.
Soucieux de sauver sa réputation, le Spiegel a présenté ses excuses auprès de ses lecteurs. Choisissant de faire elle-même la transparence sur cette affaire, la direction a annoncé la mise en place d’une « commission de trois journalistes expérimentés », deux membres de la rédaction, l’une venue de l’extérieur, afin d’« enquêter sur les falsifications qui ont eu lieu » et de « proposer des améliorations aux procédures d’authentification au sein de la rédaction ».
Prévu initialement pour se tenir les 21 et 22 décembre, l’évaluation intellectuelle des enseignants du sous-secteur de l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle aura désormais lieu le samedi 29 décembre 2018.
L’offensive anti-corruption de la FIFA se poursuit. Seedy Kinteh rattrapé par la patrouille ! L’ancien patron de la Fédération gambienne de football écope d’une suspension de quatre ans de toutes activités liées au football. L’instance dirigeante mondiale du football l’a reconnu coupable de corruption.
Accusé de s’être rendu coupable de faits de « corruption », l’intéressé a violé l’article 20 du code d’éthique de l’instance, qui interdit d’offrir et accepter des cadeaux et autres avantages, ainsi que l’article 21 pour des faits de corruption, dixit la chambre de jugement de la FIFA.
« La chambre juridictionnelle a déclaré M. Kinteh coupable d’avoir violé l’art. 20 (Offrir et accepter des cadeaux et autres avantages) et art. 21 (racket et corruption) de l’édition 2012 du Code de déontologie de la FIFA », a déclaré l’organisation dans un communiqué.
Sa suspension couvre toutes les activités liées au football, tant au niveau national qu’international. L’enquête contre Kinteh a débuté le 1er mars 2017 et était liée aux élections présidentielles de la FIFA en 2011. En plus de la suspension, qui entre en vigueur immédiatement, M. Kinteh a été condamné à une amende de 200.000 $ US.
Dans un bureau de vote à Antananarivo, un représentant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) procède au dépouillement à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle, mercredi 19 décembre 2018. Themba Hadebe / AP
Dans le bureau de vote de Behoririka, un quartier populaire d’Antananarivo, la capitale malgache, ils dénotent. Avec leurs blouses bleues piquetées de douze étoiles dorées, on repère de loin Sylvain et Dora, deux membres de la mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE). Lui est français, elle est hongroise ; tous deux font équipe pour cette journée de vote opposant les deux ex-présidents, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, candidats au second tour de l’élection présidentielle.
La journée a commencé aux aurores et se prolongera jusque tard dans la nuit. Munis de formulaires d’une cinquantaine de pages, ils visiteront une dizaine de bureaux de vote à Antananarivo avant d’assister au dépouillement, et d’accompagner l’acheminement des bulletins au SMRV (section de recensement du matériel de vote) au stade Mahamasina. « On essaie toujours d’avoir deux personnes issues de pays aux traditions électorales différentes. Ici, nous avons affaire à un processus très français, avec les scrutateurs, la carte d’électeur… En Europe de l’Est, ça n’existe pas », confie Dora.
Dans chaque bureau de vote, les deux observateurs prennent des notes, circulent, échangent avec le président et le chef de fokontany (quartier). Heure d’ouverture, déroulement du vote, personnes présentes, signes d’irrégularités… Les questionnaires détaillés sont ensuite transmis grâce à une application spécifique, permettant de centraliser les données récoltées dans l’ensemble des bureaux visités par les cent observateurs européens. Elles serviront à étayer la déclaration préliminaire de la mission d’observation. «Notre but est de relever toutes les irrégularités possibles dans le processus électoral. On observe, mais on ne peut pas intervenir », précise Sylvain.
« Est-ce que vous avez bien reçu le matériel de vote à temps ? » A Avaradoha, un quartier pauvre d’Antananarivo, le président du bureau de vote acquiesce et montre au binôme une fiche consacrée aux anomalies. Elle est vierge. « On bénéficie de l’expérience du premier tour, ajoute-t-il, satisfait, nous avons pu ouvrir à l’heure. » C’est la troisième élection que suit Félix Andrianasoa et il trouve la journée « exceptionnellement calme », les Malgaches « peu mobilisés ». Contrairement au premier tour de scrutin, le 7 novembre, l’affluence observée à la mi-journée est faible. Saison des pluies oblige, la chaleur est de plomb dès 10 heures du matin. Aucune file d’attente dans la petite cour bétonnée : sur 375 inscrits, seuls 130 électeurs se sont déplacés. « Soit moitié moins comparé au premier tour à la même heure »,abonde l’observateur français.
«Moi, je vais aller voter, mais cet après-midi, assure Mananjara, 55 ans, sans emploi, en train de fouiller un bac à ordures installé à une centaine de mètres du bureau de vote. Il faut d’abord que je trouve de quoi nourrir ma femme et mes enfants et c’est plus facile le matin. » La journée de vote a bien été déclarée fériée, mais la mesure compte seulement pour les employés du secteur formel, loin de représenter la majorité de la population. « Je pense qu’il y a eu trop de rumeurs de fraudes, sur les cartes d’électeurs, sur la liste électorale, confie Rijaniaina, qui arrive en trombe devant le bureau de vote. Ça décourage les gens d’aller voter. »
La question de la contestation des résultats sera, chacun le sait, au cœur de la période qui va s’ouvrir. L’UE n’est pas la seule à avoir déployé des observateurs sur le terrain. Plus d’une vingtaine de partenaires étrangers appuient la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans la surveillance du processus électoral. L’Union africaine, l’Organisation internationale de la francophonie et la Communauté de développement d’Afrique australe étaient présentes dans les vingt-deux régions du pays.
L’observatoire de la société civile Safidy, qui avait mobilisé 7 350 personnes pour surveiller près de 40 % des bureaux, a été le premier à faire le constat, en fin de journée, que « le vote [s’était] déroulé dans le calme et que les procédures [avaient] été globalement respectées ».
Laure Verneau ( Antananarivo, Contributrice Le Monde Afrique)