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Retrait du droit de grève : Les Greffiers et Officiers de Justice disent ne pas être concernés

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La Décision de la Cour Constitutionnelle  déclarant conforme à la constitution,  le retrait du droit de grève à certains agents de l’Etat continue de faire polémique. Les greffiers et officiers de justice ne se sentent pas concernés par cette décision. Réunis au sein du Collège des Syndicats  de la Justice, ils ont réaffirmé leur position  sur la question.  Lisez plutôt

DECLARATION DE PRESSE DU COLLEGE DES SYNDICATS DE LA JUSTICE AU SUJET DE LA DCC 18-141 DU 28/06/2018

Depuis l’avènement du régime de la rupture, des assauts répétés sont dirigés contre les fondamentaux de la démocratie et de l’État de droit. Ces assauts sont révélateurs de l’existence d’un plan pernicieux et inconséquent. Le premier acte du plan contre le peuple béninois fut la tentative de révision de la constitution de notre pays afin de la dépouiller de son essence et de la tailler sur mesure. L’échec retentissant de cette tentative a consacré la proclamation de l’idéologie de la ruse de la rage qui est particulièrement hostile aux libertés publiques et au droit à la différence .

Depuis lors, plusieurs libertés publiques sont remises en cause à travers des lois liberticides votées en cascade et parfois dans des conditions douteuses par le parlement qui a cessé d’être le représentant du peuple.

Face à la liquidation des acquis sociaux et démocratiques, les travailleurs béninois ont toujours opposé une résistance héroïque et l’histoire finit par leur donner raison.

Ainsi, après avoir échoué dans sa tentative de retrait du droit de grève aux travailleurs de la justice et de la santé à travers les lois liberticides votées en décembre 2017 et déclarées contraires à la constitution par une décision lumineuse et salvatrice de la Cour Constitutionnelle en janvier 2018, le gouvernement qui a refusé tout dialogue avec les travailleurs dont la pertinence des revendications n’est plus à démontrer, vient une fois encore, par la ruse et la rage, de prendre lâchement sa revanche sur les travailleurs et le peuple à travers la décision DCC 18-141 rendue ce jeudi 28 juin 2018 par une Cour Constitutionnelle qui a entrepris la démolition hâtive et inconséquente du riche patrimoine jurisprudentiel hérité des pères de l’édifice constitutionnel béninois.

 

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En remettant de cette manière en cause la précédente décision de la Haute Juridiction qui, depuis 1990 a été à l’avant-garde de la préservation des acquis de l’historique conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990, la Cour Constitutionnelle version Joseph DJOGBENOU vient instaurer une véritable insécurité juridique préjudiciable à notre démocratie. Cette décision interpelle la communauté scientifique et le peuple souverain dont le monument constitutionnel est profané.

Par cette décision, le régime du président Patrice TALON vient de provoquer une fois de plus le peuple souverain car au-delà du défi lancé aux travailleurs par la décision scélérate, les conditions de son intervention et la promulgation en série de plusieurs lois dans la foulée,confirment désormais les appréhensions d’aucuns relatives à la mandature actuelle de la Haute Juridiction.

Les travailleurs de la justice restent malgré tout sereins dans la mesure où le régime en place avait déjà montré la voie à suivre, celle de la violation des décisions de la Cour Constitutionnelle.

Par la présente déclaration, les travailleurs de la justice informent de façon solennelle l’opinion publique nationale et internationale que la décision DCC 18-141du 28 juin 2018 ne les engage guère et subira le même sort que celui que le régime en place réservait aux décisions de la précédente mandature de la Cour Constitutionnelle.

Par ailleurs, contrairement à ce qui est répandu dans l’opinion publique, il est important de relever que la DCC 18-141 de même que les lois qu’elle a déclarées conformes à la constitution ne concernent pas tous les corps judiciaires.
Les greffiers et officiers de justice du Bénin régis par un statut spécial qui déroge au statut général de la fonction publique, ne se sentent nullement comme une cible des lois visées par la décision incriminée. Jusqu’à nouvel ordre, cette corporation conserve le droit de grève et compte en faire usage en temps opportun.

Enfin, en attendant l’aboutissement des concertations en cours afin d’opposer à cette décision une résistance héroïque à la hauteur du forfait commis, le collège appelle tous les travailleurs à la mobilisation générale pour faire échec au plan de remise en cause des acquis issus de grandes luttes.

Seule la lutte a toujours payé et elle paiera encore.

Fait à Cotonou le 30 juin 2018

LE COLLEGE

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