CAN MAROC 2025 : Le Bénin face à ses propres contradictions

La lourde défaite concédée par le Bénin face au Sénégal (3-0) lors de la troisième journée de la CAN Maroc 2025 ne raconte pas toute l’histoire du match.

À froid, et après une analyse approfondie du contenu, une réalité s’impose : le Bénin n’a pas sombré par manque d’idées, mais par absence de continuité et de cohérence dans ses choix lors de la phase de pouls de la CAN Maroc 2025.

Une première période qui valide le plan initial

Durant les 45 premières minutes, les Guépards ont livré une prestation globalement aboutie. Engagement, discipline collective, équilibre dans l’entrejeu et capacité à perturber la construction sénégalaise : le Bénin a longtemps tenu tête à un adversaire pourtant supérieur sur le papier. Le bloc était compact, les lignes resserrées, et les transitions bien identifiées.

Ce premier acte a confirmé que le projet de départ était pertinent. Le Sénégal, sans être en grande difficulté, n’a jamais réellement imposé son tempo. Le but concédé juste avant la pause, sur coup de pied arrêté, est davantage le fruit d’un détail que d’une domination écrasante.

Au retour des vestiaires, un changement notable a apporté une animation différente dans le jeu béninois. En se rapprochant de l’axe et en évoluant dans un rôle plus libre, Tosin a offert une alternative offensive crédible. Capable de décrocher, de porter le ballon et de créer du lien autour de Steve Mounié, il a été à l’origine des rares situations de déséquilibre dans le camp sénégalais.

Ce n’est pas un hasard si cette dynamique a conduit à la faute de Kalidou Koulibaly, sanctionnée d’un carton rouge. Ce moment clé est né d’un mouvement juste, d’une occupation intelligente des espaces et d’une prise d’initiative individuelle bien intégrée au collectif. Le paradoxe est là : cette bonne idée tactique n’a pas été accompagnée par un cadre global cohérent. Le milieu s’est progressivement vidé, les distances se sont allongées, et le Sénégal a su attendre le moment opportun pour frapper.

Des profils mal exploités

Dans le même temps, certains cadres offensifs ont été neutralisés. Junior Olaïtan, privé d’espaces et soumis à une pression constante, n’a jamais pu exprimer ses qualités. Placé dans une zone où il dépendait trop du contexte collectif, il a disparu du jeu, sans solution de repli.

Cette situation pose une question fondamentale : les joueurs béninois évoluent ils réellement dans les rôles qui maximisent leur rendement ? L’impression laissée par ce match est que les profils existent, mais que leur utilisation manque parfois de clarté.

À l’approche du huitième de finale face à l’Égypte, le sélectionneur se retrouve face à une décision stratégique majeure. Soit poursuivre avec l’organisation de la première période, qui reste la plus maîtrisée : des ailiers naturels, un jeu assumé sur les côtés, des centres répétés et un Steve Mounié utilisé comme point de fixation dans la surface, avec Junior repositionné plus bas pour influencer le jeu. Soit exploiter l’animation vue en seconde période, mais en allant jusqu’au bout de la logique : un avant-centre plus mobile, capable d’attaquer les espaces et de dynamiser les transitions, afin de donner un véritable sens à ce schéma.

Une CAN encore ouverte… à condition de trancher

Le match contre le Sénégal n’est pas qu’une défaite lourde au tableau d’affichage. C’est un signal révélateur. Il a mis en lumière des pistes, confirmé certaines certitudes et exposé des incohérences.

Face à l’Égypte, ces approximations ne passeront pas. Le public béninois attend désormais des choix clairs, assumés et lisibles. Les solutions sont là. Reste à savoir si elles seront transformées en décisions fortes, ou si le Bénin continuera à jouer avec des idées… sans les exploiter pleinement.

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