Cinéma au féminin : le FIFF Cotonou ouvre ses portes et célèbre la créativité des femmes

Ce mardi 3 février 2026, la fondatrice et directrice du Festival International des Films de Femmes de Cotonou (FIFF Cotonou), Cornélia Glèlè, a officiellement lancé la quatrième édition du festival. 

Du 3 au 7 février, le FIFF Cotonou met à l’honneur le cinéma réalisé par des femmes d’Afrique et de la diaspora, en célébrant la créativité féminine sous toutes ses formes. Lors de la cérémonie d’ouverture, la promotrice est revenue sur le chemin parcouru depuis la genèse du projet.

Pensé en 2019, le FIFF Cotonou s’est construit dans la durée, porté par la persévérance, l’engagement collectif et la conviction qu’il fallait offrir un espace dédié aux récits portés par des femmes. Pour l’initiatrice, le festival répond à une nécessité : donner davantage de visibilité à celles qui, trop souvent, restent en marge de l’industrie cinématographique.

 Le thème retenu pour cette édition  est  : « Femmes, libérez votre créativité ». Un choix que la directrice, Cornélia Glèlè, décrit comme « un appel, un cri, mais aussi une invitation ». Elle encourage les femmes à s’affirmer et à raconter leurs histoires « même quand on doute, même quand on nous dit que ce n’est pas notre place ». Pour la fondatrice, libérer sa créativité, c’est « refuser le silence, transformer ses blessures, ses rêves et ses combats en images, en récits, en œuvres ».

Marraine du Festival, l’actrice et réalisatrice franco-malienne, Aïssa Maïga a salué, de son côté, la place prise par ce festival dans l’écosystème culturel africain. Elle a notamment souligné l’importance de voir les femmes prendre l’espace, créer et provoquer des moments de rassemblement autour du cinéma et des valeurs qu’il véhicule. « C’est une fierté, en fait, quand je vois des consœurs prendre l’espace, libérer leur créativité et provoquer des moments de rassemblement autour du cinéma et autour de valeurs », a-t-elle confié, rappelant que le cinéma porté par des femmes, longtemps marginalisé ou moqué, s’impose désormais comme une. question centrale, nourrie par les combats menés dans le champ artistique comme dans la société.

Par ailleurs, au cœur de cette dynamique, le FIFF Cotonou poursuit sa mission de formation et de transmission. À travers le programme Kino Windia, le festival accompagne de jeunes filles dans leurs premiers pas au cinéma, en leur offrant un encadrement technique et artistique. Dans cet esprit, le public a découvert le film d’ouverture « Douwe », une œuvre collective réalisée par douze participantes, sélectionnées parmi plus de 300 candidates et formées pendant plusieurs mois. À travers ce court-métrage, les jeunes réalisatrices donnent à voir une histoire profondément ancrée dans des réalités sociales : celle de Douwe, une adolescente brillante issue d’un milieu rural, qui rêve de devenir infirmière. Soutenue par sa mère, elle croit en l’école comme voie d’émancipation. Mais confrontée à la précarité, elle est contrainte par son père d’abandonner ses études pour travailler et contribuer aux besoins du foyer.

Plus qu’un film, Douwe s’inscrit ainsi dans la ligne défendue par le festival : un cinéma qui met en lumière les défis quotidiens auxquels sont confrontées de nombreuses filles, et qui porte « un message fort, parfois un cri du cœur, pour toutes ces filles et femmes qui peinent encore à faire entendre leur voix et à voir leurs droits respectés ».

À noter que le programme du festival inclut projections de films en compétition, panels de discussion, masterclass, rencontres professionnelles et cérémonies de remise de prix, toutes accessibles au public gratuitement. Cette diversité d’activités traduit la volonté du FIFF Cotonou de favoriser l’échange, la découverte et la valorisation des talents féminins. Ainsi, avec 18 courts-métrages issus de 16 pays en compétition, cette édition confirme le rôle central du FIFF Cotonou comme plateforme de révélation et de promotion du talent féminin à l’échelle africaine et internationale.

Un rendez-vous soutenu par les partenaires

Le FIFF Cotonou 2026 bénéficie, cette année encore, de l’appui de plusieurs partenaires. À l’ouverture, CANAL+ Bénin, partenaire du festival depuis 2019, a pris la parole pour réaffirmer son engagement en faveur du cinéma africain, notamment celui porté par les femmes. S’exprimant au nom de la chaîne, sa directrice générale, Yacine Alao a rappelé la conviction qui guide ce partenariat : « Le cinéma africain, et en particulier celui porté par les femmes, mérite d’être soutenu dans la durée ». Elle a également évoqué l’évolution du FIFF, « qui se structure et gagne en maturité à chaque édition », tout en saluant la constance de la fondatrice, Cornélia Glèlè, dans la conduite du projet. Par ce biais, CANAL+ Bénin a mis en avant son appui à la formation, notamment à travers l’accompagnement du programme Kino Wendia, qui a permis à douze jeunes filles, sans expérience préalable, d’être formées jusqu’à la réalisation du film projeté en ouverture.

De même, avec l’appui de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC) et des autres partenaires mobilisés, cet accompagnement contribue à renforcer l’ambition du festival : faire émerger, soutenir et pérenniser les voix des femmes.

Organisée par l’association Écran Bénin, cette 4ᵉ édition renforce la place du FIFF Cotonou parmi les rendez-vous qui comptent pour le cinéma au féminin en Afrique. Entre projections, formation et rencontres, le festival continue de faire émerger des talents, tout en contribuant au rayonnement continental des récits portés par les femmes.

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