Le point de presse tenu lundi 30 mars 2026 à Cotonou a levé le voile sur l’absence du Bénin lors du vote du 25 mars à l’ONU sur la criminalisation de la traite transatlantique des Africains.
En revenant sur cette absence au vote sur la criminalisation de la traite transatlantique des Africains, le gouvernement béninois a souhaité clarifier les raisons de cette situation, qui continue de susciter interrogations et incompréhensions.
Face aux réactions engendrées, le chef de la diplomatie béninoise a reconnu l’émotion qu’elle a provoquée, la jugeant « compréhensible » et affirmant que « le Bénin la respecte ». Il a toutefois insisté sur la nécessité d’apporter des précisions afin d’éviter toute interprétation erronée de la position du pays.
Selon le ministre des Affaires étrangères Olushegun Adjadi Bakari, « l’absence de la délégation béninoise lors du vote du 25 mars est due à un dysfonctionnement administratif interne, intervenu dans un contexte particulier marqué par la période électorale et mon absence de Cotonou, ce qui n’a pas permis d’instruire conséquemment notre ambassadeur ».
Sur le fond, un soutien clair à la résolution
Le ministre a été sans équivoque : le Bénin soutient pleinement la résolution adoptée par l’Assemblée générale. Le pays en est d’ailleurs co-sponsor depuis le 17 mars 2026, soit plusieurs jours avant le vote. « Cet engagement formel témoigne sans ambiguïté de la position de principe du Bénin », a-t-il souligné, précisant qu’il ne saurait faire l’objet d’aucune interprétation contraire.
Par ailleurs, une notification officielle d’intention de vote favorable a été transmise au Secrétariat de l’ONU dès le 27 mars. Cette démarche, désormais consignée dans le procès-verbal officiel de la séance, établit formellement la position du Bénin en faveur de la résolution.
Le Bénin attaché à la cause
Au-delà de cette absence, le ministre a rappelé que l’engagement du Bénin en faveur de la mémoire de la traite transatlantique ne date pas d’aujourd’hui et s’inscrit dans une dynamique plus large, matérialisée par des actions concrètes. Parmi celles-ci figurent l’adoption, en juillet 2024, d’une loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine, ainsi que les efforts de préservation et de valorisation des sites historiques liés à la traite négrière, notamment la Porte du Non-Retour à Ouidah.
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie béninoise a réaffirmé la détermination du pays à poursuivre son engagement sur la scène internationale, tout en veillant à la préservation de la mémoire de la traite transatlantique. « Le Bénin reste résolu à porter, dans toutes les enceintes multilatérales, la voix des peuples africains et afrodescendants, et à faire en sorte que la mémoire de la traite transatlantique ne se réduise jamais à une banalité historique, afin que l’humanité ne connaisse plus jamais une telle horreur », a conclu le ministre.




































