
À l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire « Les Démocrates » a ravivé le débat autour d’une proposition de loi d’amnistie. Si cette manœuvre aboutissait, elle pourrait ouvrir la voie à une sortie apaisée pour Patrice Talon et à la libération de figures politiques emblématiques telles que Reckya Madougou et Joël Aïvo.
Ce Mercredi 11 juin 2025, à l’ouverture d’une nouvelle session parlementaire à l’Assemblée Nationale, Nourénou Atchadé, président du groupe « Les Démocrates« , a remis sur la table une vieille proposition de loi : celle visant l’amnistie de plusieurs figures politiques incarcérées ou poursuivies au Bénin. L’opposant appelle à « dépoussiérer » le texte, déposé puis mis en veille par la majorité, pour enfin l’examiner « ensemble » et « le voter ».
« Cela fait 46 jours que nous sommes restés inactifs. Et pourtant, un grand dossier dort dans vos tiroirs, la loi d’amnistie », a-t-il lancé, interpellant le président de l’Assemblée, Louis Vlavonou. « Pourquoi ne pas le ressortir et le travailler de façon collégiale ? », a-t-il poursuivi.
Un geste pour apaiser le climat politique ?
Pour l’opposition, ce texte d’amnistie serait bien plus qu’un geste symbolique. Selon Atchadé, il permettrait, de décrisper l’atmosphère politique, marquée ces dernières années par des tensions liées à l’emprisonnement de plusieurs figures de l’opposition.
Et au-delà du geste politique, il y aurait aussi un calcul d’image. Le président Patrice Talon, à un an de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, a plusieurs fois exprimé son désir de quitter le pouvoir « par la grande porte ». L’opposition estime que cette loi pourrait y contribuer.
« On peut aider le président à sortir par la grande porte en votant cette loi », a déclaré Atchadé, appelant les députés de toutes tendances à s’unir autour de cette initiative.
Au cœur de cette proposition de loi, la possible libération ou cessation de poursuites contre des personnalités emblématiques. Parmi elles, Reckya Madougou, ancienne ministre, condamnée à 20 ans de prison pour financement du terrorisme, et le professeur Joël Aïvo, condamné à 10 ans de réclusion pour complot contre la sûreté de l’État et blanchiment.
Un premier rejet de cette loi par la commission des lois en janvier 2024 n’a pas affaibli la détermination de l’opposition, qui continue de plaider pour une réconciliation politique par voie législative.
Malgré les réticences d’une majorité, cet appel à revisiter le texte pourrait bien marquer une nouvelle étape dans la bataille parlementaire engagée par « Les Démocrates ». S’il venait à être inscrit à l’ordre du jour, le débat promet d’être houleux mais capital pour l’avenir du climat politique au Bénin.





































