Arts vivants : une école féminine en construction

Redonner aux femmes toute leur place dans les arts vivants, notamment les arts oratoires africains. C’est notamment l’objectif du projet  » conteuses en création ”, présenté aux acteurs des médias ce 28 décembre 2025 au village des contes, Adjrou’houé sis à Akassato.

Au détour d’une conférence de presse, Fidèl Anato, acteur-comédien et coordinateur du projet, revient sur la genèse d’une initiative qu’il qui ne revendique pas une égalité abstraite entre femmes et hommes dans les arts vivants, mais plutôt de construire une complémentarité réelle, fondée sur les compétences, la formation et l’accès aux espaces de création.

Un projet né d’une inspiration et d’un constat

L’idée de Conteuses en Création s’inspire du projet « Femmes en création », initié par l’administrateur culturel et directeur de l’association KAdam-KAdam, Gilbert Agbévidé. Partant de cette expérience, Fidèl Anato explique avoir constitué une véritable pépinière de femmes artistes, pensée comme une plateforme durable de formation et de professionnalisation.

L’objectif est clair : mettre fin à l’insuffisance des femmes dans les arts vivants et leur offrir un cadre structurant pour devenir pleinement actrices du spectacle vivant. Le projet se présente ainsi comme une école à ciel ouvert, où les participantes acquièrent des compétences artistiques, techniques et organisationnelles.

Un programme structuré et soutenu

Conteuses en Création s’inscrit dans un calendrier long, d’octobre 2025 à janvier 2027. Le projet bénéficie d’un double appui financier.
16 mois de financement par le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FDAC) de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture ( ADAC)
18 mois de soutien de la Coopération suisse.

Fidèl Anato souligne également la reconnaissance institutionnelle du projet : dans la sélection opérée par l’ADAC, où Conteuses en Création est le premier projet validé par ordre de mérite. Un signal fort pour l’initiative et ses porteuses.

Plusieurs partenaires et experts accompagnent le processus. Des séances mensuelles de travail sont organisées avec des professionnels, notamment le metteur en scène Hermas Gbaguidi afin d’assurer un suivi artistique et pédagogique rigoureux.

Le cœur vivant du projet

Le point d’orgue du programme est la création du spectacle multidisciplinaire « La Calebasse de Grand-Père » présenté comme une plateforme de recherche, de formation-création et de diffusion d’œuvres plastiques, vivantes et audiovisuelles.

Le spectacle mobilise plusieurs jeunes oratrices : conteuses, musiciennes, chanteuses, percussionnistes, ainsi que des techniciennes (régisseure-costumière-accessoiriste, logisticienne, podcasteuse, costumière). Elles sont les bénéficiaires directes de ce dispositif pensé pour renforcer leur autonomie artistique.

La diffusion est ambitieuse : 13 représentations au Bénin et 13 au Togo, avant une clôture sous forme de film documentaire destiné à une mise en ligne qui prolonge ainsi la portée du projet au-delà de la scène.

Du discours à la scène

Après la conférence de presse, le public découvre La Calebasse de Grand-Père lors de sa représentation. Sur scène, la calebasse devient symbole de transmission, de mémoire et de savoirs partagés. Les voix féminines s’y déploient, portées par le corps, la musique et la parole, dans une dynamique collective qui reflète l’esprit même du projet.

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