Bénin – Niger : Des « préalables » avant la réouverture de la frontière, Tiani temporise

Près de trois ans après la fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger, les autorités nigériennes ne semblent toujours pas prêtes à franchir le pas de sa réouverture.

Le président du Niger, le Général Abdourahamane Tiani, estime que des conditions préalables doivent être réunies afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise à l’avenir.

Alors que la récente visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey avait suscité un regain d’espoir, le chef de l’État nigérien a refroidi les attentes. Invité de la Radio Télévision du Niger (RTN) à l’occasion du troisième anniversaire du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), il a rappelé que la question ne se résume pas à une simple réouverture.

« Ce n’est pas nous qui avions fermé cette frontière », a d’abord déclaré Abdourahamane Tiani, estimant que cet épisode devait servir de leçon. Selon lui, les deux pays doivent désormais poser les bases d’une relation durable afin qu’une telle décision ne puisse plus dépendre « des états d’âme ou des sauts d’humeur d’individus ».

Pour le dirigeant nigérien, « l’ouverture de la frontière en tant que telle n’est pas l’acte fondamental ». Le véritable enjeu consiste plutôt à définir les garanties qui feront de cette limite territoriale « une frontière des peuples et non une frontière d’un individu », a-t-il insisté.

Dans cette perspective, un comité a été mis en place afin de réfléchir aux modalités d’une éventuelle réouverture. Les conclusions de ce groupe de travail sont actuellement examinées par les autorités nigériennes, sans qu’aucune échéance ne soit avancée.

Le général Tiani a néanmoins salué le déplacement du président Romuald Wadagni à Niamey, y voyant la preuve que « le lien entre les peuples est au-dessus du lien entre les chefs d’État ». Mais il a également rappelé que les tensions passées ne pouvaient être ignorées. « Beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Il y a des traces, il y a des plaies qu’il va falloir panser et correctement soigner avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière », a-t-il affirmé.

À la question d’un éventuel calendrier, le président nigérien est resté prudent. « Il y a des préalables », a-t-il répondu, précisant que toute décision sera prise « après mûre réflexion », dans le souci de préserver les intérêts des deux États et de leurs populations.

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