Coup d’État manqué : Les détails sur l’attaque du domicile du président Talon

‎Au lendemain du coup d’État avorté, le commandant de la Garde républicaine, le Colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè, dévoile les coulisses de l’attaque menée contre la résidence présidentielle.

Le commandant de la Garde républicaine, le Colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè, a levé le voile sur le scénario exact de l’assaut mené contre le domicile du président Patrice Talon dans la nuit du 6 au 7 décembre. Invité sur RFI, il a livré un témoignage, complétant les informations rendues publiques par le gouvernement lors du conseil des ministres extraordinaire du 8 décembre.


Selon lui, tout bascule avant l’aube. Les mutins lancent leur offensive « à 5 h et quelques », mais la Garde républicaine est déjà en position, alertée par deux signaux décisifs. À 2 h 10, le général de corps d’armée Bertin Bada l’appelle : sa résidence est prise d’assaut par des hommes cagoulés. Quelques minutes plus tard, deuxième alerte : le général Abou Issa, chef d’état-major de l’armée de terre, subit la même attaque. « J’ai compris que ce n’était plus un acte isolé, mais une menace contre la sûreté de l’État », confie le Colonel.

Il déclenche aussitôt l’alerte générale et se rend personnellement au domicile présidentiel pour coordonner la défense. Lorsque les assaillants surgissent, la riposte est immédiate. « La horde d’assaillants a attaqué le domicile. Ils ont été surpris par notre détermination. C’est cela qui les a mis en déroute », affirme-t-il.

Les mutins engagent d’abord des engins blindés, puis tentent une progression à pied par les ruelles adjacentes. En vain : les axes sont verrouillés et la résistance, farouche. Les échanges de tirs, d’une intensité rare, durent près de 45 minutes.


Fait marquant, le président Patrice Talon refuse de se mettre à l’abri. « Malgré mon insistance, il a tenu à suivre les opérations », révèle le Colonel, saluant son sang-froid.

Le bilan exact du camp adverse reste flou. « Je ne peux pas savoir combien de morts il y a eu de l’autre côté. De notre côté, nous avons eu un mort et un blessé », conclut-il.

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