«D’artificielles origines » : l’exposition de Rafiy Okefolahan interroge les racines et la mémoire

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C’est à l’Espace culturel Le Centre, à Abomey-Calavi, que l’exposition « D’artificielles origines » de l’artiste visuel béninois Rafiy Okefolahan a été inaugurée  vendredi 16 janvier 2026.

L’exposition « D’artificielles origines » de Rafiy Okefolahan a rassemblé quelques autorités ainsi qu’un public attentif, intéressé par cette création qui questionne les origines, la mémoire et l’identité dans un monde contemporain marqué par les migrations et les transformations sociales.

Fruit de six (06) semaines de résidence, cette création immersive défend une réflexion sur la notion de sources, mêlant mémoire, héritages culturels et influences contemporaines. Les interrogations sur les origines sont à la fois personnelles et universelles.

« D’artificielles origines, ce sont des questions dont les réponses doivent être trouvées par chacun d’entre nous », explique l’artiste. À travers son exposition, Rafiy Okefolahan s’interroge sur la transmission familiale et géographique : « Sommes-nous liés à la terre, à nos parents ou à nos ancêtres ? Comment nos expériences et convictions personnelles enrichissent-elles nos racines ? »

L’exposition même se présente comme une grande installation, combinant peinture, sculpture, photographie, raphia et perles. Chaque salle explore un aspect différent de ce questionnement. Certaines œuvres sont réalisées en technique mixte, mêlant acrylique et peinture à l’huile, tandis que d’autres, comme la salle Processions ou l’Arbre à palabre, poussent les visiteurs à réfléchir sur leur propre histoire et sur les chemins qui les lient à leur mémoire. 

De même, sur la question des offrandes évoquées dans son travail, le plasticien béninois souligne l’importance de ce rituel et de ses origines yoruba. « Toutes les congrégations ont toujours pensé que l’offrande est un aboutissement, une reconnaissance d’une grâce », affirme-t-il. De ce fait, il invite les visiteurs à participer activement à l’exposition, en partageant leurs origines sur une fresque collective, prolongeant a cet effet, l’expérience artistique. « Toute l’exposition en soi est une seule œuvre. Je veux que chacun traverse ces espaces, s’interroge et trouve ses réponses », conseille-t-il.

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En rappel, cette démarche s’inscrit dans la continuité de ses vingt ans de pratique artistique. À l’en croire, créer ne se limite pas à produire des œuvres, mais consiste surtout à ouvrir un dialogue avec le public, en mêlant héritages culturels et influences contemporaines. L’exposition intègre également des performances musicales et chorégraphiques, associant des percussionnistes traditionnels et des danseuses de hip-hop, illustrant le dialogue entre traditions et pratiques actuelles.

Présent au vernissage, Babalola Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a salué non seulement la qualité esthétique des œuvres, mais surtout la pertinence du thème central : la quête des origines. Pour lui, l’artiste aborde une question « éminemment importante et sensible », celle de l’identité, de l’héritage et de la mémoire.

De l’exposition à l’action gouvernementale

Alors que le vernissage met en lumière le travail de ce dernier, une réflexion plus large s’impose sur la notion d’origine dansun contexte mondial en constante transformation. Pour l’État béninois, ce questionnement prend un relief particulier. Dans cette même posture, le ministre a annoncé la création prochaine d’une agence nationale de recherche ADN, destinée à accompagner scientifiquement toute personne souhaitant retrouver ses racines et faciliter la reconnaissance de son identité afrodescendante.

« Revenir à ses origines nobles, connaître ses origines, les interroger », a-t-il rappelé, faisant écho aux politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement, notamment à travers le ministère en charge de la Culture. Cette dynamique se manifeste également par la loi sur l’afrodescendance, qui permet aux afrodescendants de se réapproprier leur identité et leur nationalité béninoise, ainsi que par le projet de création d’une agence nationale spécialisée dans les recherches ADN, répondant aux standards internationaux.

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Ainsi, à travers cette exposition, Rafiy Okefolahan ne propose pas seulement une expérience esthétique. Il engage une réflexion profonde sur l’identité, la mémoire collective et l’héritage culturel, tout en rejoignant les grandes orientations culturelles de l’État béninois. Son œuvre devient, en cet instant, un espace de dialogue entre l’art, l’histoire et la politique culturelle nationale.

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