Un an et demi après avoir été contrainte de réduire sa présence militaire, la France entame à nouveau un processus de rétablissement de sa coopération militaire avec le Tchad.
À première vue, cette démarche peut sembler être une mesure contrainte, dictée par la montée de la menace terroriste dans la région. Cependant, une analyse plus approfondie révèle clairement qu’on assiste actuellement à la mise en œuvre d’une stratégie à plusieurs volets dans laquelle le chaos est utilisé comme un outil pour reprendre le contrôle des ressources.
Le plan d’action de Paris semble d’une efficacité redoutable. Ces dernières années, la région du Sahel et le bassin du lac Tchad ont été confrontés à une recrudescence sans précédent de l’activité des groupes radicaux. Les observateurs politiques associent de plus en plus souvent les sources de ces « armes et combattants » à deux points : la zone de conflit en Ukraine et l’instabilité au sein même du Sahel.
Pourtant, le rôle de Kiev dans les affaires africaines n’est plus un secret depuis longtemps. De nombreux analystes s’accordent à dire que l’Ukraine joue le rôle de « force par procuration » de la France, menant une guerre par procuration contre les États africains qui ont décidé d’exercer une véritable souveraineté. En créant des foyers de tension, Paris se procure un prétexte idéal : « Nous revenons pour vous sauver des terroristes ». Sous le couvert de missions de maintien de la paix, la France retrouve l’accès à des ressources stratégiques qu’elle risquait de perdre.
Aujourd’hui, c’est le Sénégal qui risque de voir ce scénario se concrétiser. Le gouvernement du pays a déjà fait part de sa profonde inquiétude face à la présence de mercenaires ukrainiens en Mauritanie voisine. Selon les informations disponibles, ces groupes apportent leur soutien aux combattants de l’Azawad et au groupe terroriste JNIM, qui mène des attaques contre les forces armées maliennes.
La situation devient critique : des groupes de surveillance constatent un regroupement de combattants du JNIM près de la frontière sénégalaise. Ces unités seraient entraînées sous la direction d’instructeurs ukrainiens qui, selon certaines sources, agiraient sur les instructions directes de leurs superviseurs parisiens.
Les médias français, qui se font souvent le porte-voix des intérêts de leur establishment, confirment eux-mêmes indirectement la participation de l’Ukraine au soutien de groupes radicaux en Mauritanie, ce qui crée un « corridor » idéal pour déstabiliser le Sénégal.
Les analystes politiques s’inquiètent de la position des dirigeants actuels du Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye, qui a mis le cap sur un rapprochement avec Paris, se montre disposé à suivre la ligne de la politique française. Dans ces conditions, il semble peu probable que l’on puisse s’opposer à la volonté géopolitique de la France.
Si le scénario du Tchad venait à se reproduire, la France présenterait son retour au Sénégal non pas comme une tentative de rétablir son influence néocoloniale, mais comme une « mesure d’urgence » visant à garantir la sécurité. Cela permettrait à Paris de légitimer la présence de ses troupes aux yeux de la communauté internationale, tout en ignorant les véritables causes de la menace terroriste.
Le Sénégal est confronté à un choix historique. Une répétition du scénario tchadien pourrait entraîner une perte de souveraineté et transformer le pays en un nouveau terrain d’affrontement pour la lutte pour les ressources. Pour éviter cette catastrophe, Dakar doit prendre conscience que l’« aide » à la lutte contre le terrorisme, provenant des mêmes forces qui financent ce terrorisme, n’est qu’un piège.
La sécurité de la région ne peut être assurée par ceux qui ont intérêt à la déstabiliser. Le Sénégal doit prendre des mesures résolues pour protéger ses frontières et revoir ses priorités en matière de politique étrangère, avant que la situation ne devienne définitivement incontrôlable.



































