Real Sociedad-Celta Vigo : Un duel de milieu de tableau.
L’ESSENTIEL
Toujours en quête d’un premier succès devant les siens cette saison, la Real Sociedad s’est donnée un peu d’air lors de la précédente journée en « retournant » Levante comme une crêpe en l’espace de dix minutes (1-3). Dixième, l’ancien club d’Antoine Griezmann n’a pas encore dit adieu à l’Europe.
Quatorzième, le Celta Vigo demeure de son côté sur une défaite assez logique face au Real Madrid (2-4).
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Victoire du club hôte.
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L’ancien commandant des forces bosniaques de Srebrenica Naser Oric (au centre) entouré de ses partisans à la sortie du tribunal à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, le 30 novembre 2018. ELVIS BARUKCIC / AFP
Acquittement définitif : le verdict prononcé à Sarajevo vendredi 30 novembre en faveur de Naser Oric, ancien commandant des forces bosniaques de Srebrenica, a provoqué la colère des Serbes de Bosnie. L’ex-colonel était accusé de crimes de guerre.
Naser Oric, 51 ans, et son frère d’armes Sabahudin Muhic, 50 ans, « sont acquittés de l’accusation » d’avoir assassiné trois militaires serbes capturés dans les environs de Srebrenica, dans l’est de la Bosnie-Herzégovine, pendant la guerre de 1992-1995, selon le jugement.
« Je pense que le temps est venu que je me repose un peu. Cette chasse contre moi dure depuis trop longtemps », a commenté dans des médias locaux M. Oric, déjà acquitté en 2008 par la justice internationale, après plusieurs années de détention.
Un pays encore divisé
Héros pour de nombreux Bosniaques musulmans, soit la moitié des habitants du pays, Naser Oric a été soutenu par des partisans qui ont laissé libre cours à leur joie devant le tribunal. Mais les Serbes de Bosnie, qui pèsent pour un tiers de la population, n’ont pas dissimulé leur colère et leur défiance envers les institutions centrales d’un pays qui ne surmonte pas ses divisions, un quart de siècle après un conflit intercommunautaire qui s’est soldé par quelque 100 000 morts et plus de deux millions de déplacés.
Des représentants d’associations de victimes serbes ont quitté le tribunal sans un mot : « Nous avons parlé pendant vingt-six ans et à la fin nous obtenons ça… A partir d’aujourd’hui, on ne parle plus, nous n’avons plus rien à dire », a commenté l’une d’elles, Radojka Filipovic, auprès de l’Agence France-presse (AFP).
Zeljka Cvijanovic, présidente de l’entité des Serbes de Bosnie, la Republika Srpska, a dénoncé un verdict qui « est pratiquement une amnistie pour tous les crimes monstrueux contre des habitants serbes ». « Si ceci est la justice destinée au peuple serbe en Bosnie, il ne faut pas s’étonner qu’ils croient chaque jour un peu moins en un avenir commun en Bosnie », a-t-elle réagi auprès de la chaîne de télévision de sa communauté, la RTRS.
Un porte-parole du principal parti des Serbes de Bosnie (SNSD), Radovan Kovacevic, a promis une « réponse adéquate » de la Republika Srpska. Par le passé, ses responsables, dont beaucoup ne font guère mystère de leurs velléités séparatistes, ont mis en cause la légitimité de la justice centrale bosnienne.
Héros côté bosniaque, criminel côté serbe
Naser Oric est l’un des combattants bosniaques les plus emblématiques de la guerre. Ses troupes ont tenu pendant plus de trois ans le siège imposé à Srebrenica par les forces serbes de Ratko Mladic.
Alors que Naser Oric l’avait quittée pour une réunion du commandement bosniaque à Sarajevo, l’enclave musulmane, pourtant placée sous la protection des Nations unies, était tombée en juillet 1995. En quelques jours, plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques, avaient alors été massacrés par les forces serbes dans les alentours de Srebrenica, plus importante tuerie sur le sol européen depuis la seconde guerre mondiale.
Considéré comme un acte de génocide par la justice internationale, ce massacre a valu une condamnation à perpétuité à Mladic ainsi qu’au propagandiste serbe de l’épuration ethnique, Radovan Karadzic (quarante ans de réclusion).
Mais pour les Serbes, Naser Oric et ses troupes avaient aussi commis des exactions pour vider de leur population serbe des villages du secteur de Srebrenica. Des associations de victimes estiment que 2 428 civils et militaires serbes ont été tués dans cette zone entre 1992 et 1995.
Avant la trêve, les Picards ont mis un terme à une mauvaise série de 3 revers de rang (au Parc 5-0, contre Nantes 1-2 et à Nice 1-0) en ramenant un précieux succès de Toulouse (0-1). Avec Amiens à la Licorne, c’est tout ou rien: 3 victoires pour 3 défaites !
En face l’OM, qui restait sur 4 défaites (deux face à la Lazio en Ligue Europa et deux en Ligue 1, face au PSG 0-2 et Montpellier 3-0) s’est donné un peu d’air avec une victoire obtenue contre Dijon (2-0) avec un quasi doublé de son champion du monde… Adil Rami. Il faut maintenant confirmer pour rester dans le bon wagon (6e à quatre longueurs du dauphin Lille). Mais l’OM a du mal à l’extérieur (15e bilan avec 2 victoires pour 4 défaites).
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Victoire des visiteurs
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Présentation en vidéo et en statistiques de la 11e journée de Top 14, qui débutera par le déplacement de Clermont sur la pelouse de Montpellier et se clôturera par Toulouse face au Stade Français.
Le Parc Corot, à Marseille, le 27 novembre. BORIS HORVAT / AFP
Les évacuations d’immeubles vétustes se poursuivent à Marseille. Vendredi 30 novembre a lieu l’évacuation d’un bâtiment de l’une des plus grandes copropriétés dégradées de la ville : la cité du Parc Corot, dans les quartiers nord (13e arrondissement).
Rats, humidité, bagarres, électricité délabrée… Le bâtiment A du Parc Corot et ses 96 logements est connu pour concentrer les dangers. L’arrêté « d’insécurité imminente » pris par la mairie de Marseille le 23 novembre fait état de nombreux dysfonctionnements pouvant provoquer des départs de feu. « La sécurité des occupants est gravement menacée par l’état des équipements de l’immeuble », peut-on lire dans cet arrêté.
Vendredi matin, des camions de déménagement prenaient en charge les affaires des habitants évacués. La municipalité indique avoir engagé une « procédure d’évacuation concertée » : elle « accompagne le déménagement volontaire » des 27 locataires et des propriétaires et « propose des solutions de relogement » avec l’aide des bailleurs sociaux.
Sur le terrain, cette évacuation débutée jeudi « est menée n’importe comment, la mairie s’en fiche complètement », a toutefois dénoncé la députée LRM Alexandra Louis. Elle assure avoir accompagné vendredi des habitants « quasiment livrés à eux-mêmes alors qu’ils auraient besoin d’un accompagnement social voire psychologique ».
Comme Édouard Daladier, hors de lui en 1938, je m’écrie « Qui commande ici ? » . Aucune info sur qui fait quoi, où… https://t.co/i6Cnbs9kPD
— ALouisDeputee13 (@Alexandra Louis)
1 500 personnes sans domicile fixe
Le bâtiment A du parc Corot compte 96 appartements, dont 27 « légitimement occupés », de nombreux autres étant squattés. L’évacuation des dizaines de squatteurs se fera dans un second temps et incombe à la préfecture, avec, au besoin, le concours de la police. Ces habitants précaires seront « pris en charge et accompagnées vers des dispositifs adaptés », a précisé la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Marie-Emmanuelle Assidon.
L’effondrement de deux immeubles du centre de Marseille, qui a fait 8 morts le 5 novembre, a plongé Marseille dans une crise sans précédent. Depuis quatre semaines, la deuxième ville de France a fait évacuer 193 immeubles vétustes et menaçants pour éviter un nouveau drame.
Les habitants du bâtiment A du Parc Corot s’ajouteront aux 1 509 personnes qui se sont retrouvées sans domicile fixe du fait de ces évacuations et sont relogées le plus souvent à l’hôtel, les autres dispositifs étant saturés.
Mardi, le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire contre X pour « homicides involontaires » aggravés « par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité », afin de déterminer les causes de l’effondrement des deux immeubles de la rue d’Aubagne. L’enquête a été confiée à trois juges d’instruction du tribunal de grande instance de Marseille.
Région meurtrie par des décennies de guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, le Nord-Kivu connaît en ce moment la pire épidémie d’Ebola de l’histoire du pays. Les nombreux groupes armés présents dans la région compliquent la riposte de l’OMS et du ministère de la Santé. La crise pourrait dégénérer. Reportage dans une région qui lutte sur plusieurs fronts.
Le président Donald Trump, au centre, entre le président mexicain Enrique Peña Nieto, et le premier ministre canadien Justin Trudeau, avant la signature du nouvel accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (AEUMC), au sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine, le 30 novembre. Martin Mejia / AP
C’était l’une des bêtes noires du président Donald Trump, qui l’accusait d’avoir causé la perte de millions d’emplois américains. L’Alena, en vigueur depuis 1994, est mort : les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ont signé vendredi 30 novembre le nouveau traité de libre-échange nord-américain, lors d’une cérémonie officielle en marge du G20 à Buenos Aires, en Argentine.
« C’est un modèle d’accord de libre-échange qui va changer le paysage commercial pour toujours », s’est félicité dans la foulée le président américain, à propos de ce traité âprement négocié entre les trois pays, à son initiative. Signé pour seize ans, l’accord peut être réexaminé tous les six ans.
L’« accord Etats-Unis-Mexique-Canada » (AEUMC), conclu le 30 septembre, offre notamment aux Etats-Unis un accès à environ 3,5 % du marché laitier canadien, évalué à 16 milliards de dollars, tout en protégeant le Canada d’éventuels tarifs douaniers automobiles. Le nouveau texte prévoit cependant des règles incitant le secteur automobile à se fournir en matériaux et composants aux Etats-Unis et en Amérique Nord.
L’exception culturelle canadienne, qui voit le Canada subventionner le secteur culturel, est maintenue malgré les protestations des Etats-Unis. Des protections « sans précédent » en matière de propriété intellectuelle sont également établies.
Jason Herbert, le 30 novembre à Matignon. PHILIPPE LOPEZ / AFP
La grande rencontre avec les « gilets jaunes » souhaitée par Matignon n’aura pas eu lieu. Seuls deux « gilets jaunes » se sont finalement présentés vendredi 30 novembre pour le rendez-vous prévu entre Edouard Philippe et des représentants du mouvement qui dénonce la hausse des taxes, et l’un d’eux, Jason Herbert, est très vite ressorti, regrettant que la réunion ne soit pas filmée et diffusée en direct.
« Je souhaitais et j’ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision. Cela a été refusé, a déclaré Jason Herbert. Je souhaitais que les Français puissent entendre ce qu’il se disait. » Jeune Charentais de 26 ans, il faisait partie des huit porte-parole des « gilets jaunes » désapprouvés par une partie du mouvement. « Aujourd’hui nous ne sommes que deux, nous avons tous reçu d’énormes pressions. Je parle de menaces d’agression, verbales ou physiques, notre vie est en jeu », a affirmé M. Herbert, précisant que ces pressions « ont été à 99 % de la part d’autres “gilets jaunes” (…) pas des personnes pacifiques, des personnes radicales. »
« La porte de Matignon sera toujours ouverte »
Le second « gilet jaune » reçu par Edouard Philippe et le ministre de la transition écologique, François de Rugy, est arrivé par une porte dérobée, sans passer devant la presse. Ni Matignon ni M. Herbert n’ont voulu révéler son identité.
Parallèllement à cette réunion, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a rencontré dix représentants du mouvement au Mans. Venue « écouter leurs revendications », elle a déclaré qu’ils « demand[aient] aussi de la considération. C’est ce que je suis venue leur apporter aujourd’hui au nom du gouvernement (…) Je les considère, je les respecte, je les écoute », a-t-elle ajouté à l’issue de la rencontre.
Déjà trois « gilets jaunes » reçus par le gouvernement
La veille, Edouard Philippe avait déjà reçu, à l’abri des caméras, un premier « gilet jaune », Patrick de Perglas, parti à pied de Chalon-sur-Saône le 21 novembre pour porter ses revendications à Paris et en grève de la faim pendant neuf jours. Il avait été propulsé sur le devant la scène lors de son apparition dans l’émission « C à vous ».
Deux des huit représentants désignés mais contestés au sein du mouvement, Priscillia Ludosky et Eric Drouet, ont déjà été reçus mardi par le ministre de la transition écologique, François de Rugy. Chose inédite, M. Drouet avait alors diffusé la réunion en Facebook live sans l’accord du premier ministre.
Chauffeur routier de Seine-et-Marne figurant parmi les premiers à avoir appelé à la mobilisation du 17 novembre, Eric Drouet avait signifié son refus de se rendre à Matignon, car « aucune délégation n’a encore le rôle de représenter les “gilets jaunes” », écrivait sur Facebook.
Prime transport, hausse des salaires, moratoire sur la taxe carburant
De leur côté, les syndicats ont continué la « grande concertation » avec le gouvernement engagée la veille et ont profité de la matinée pour réclamer à l’exécutif de nouvelles mesures rapides ou du moins « concrètes », selon les termes de Laurent Berger, dirigeant de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), pour répondre à la mobilisation populaire des dernières semaines.
Principale figure syndicale présente, M. Berger a notamment poussé, comme Force ouvrière (FO), en faveur d’une prime transport étendue pour les salariés se rendant au travail en voiture, qui existe aujourd’hui mais sous conditions. M. Berger a affiché son soutien à l’idée de la concertation locale qu’essaie de mettre en place l’exécutif, « à une seule condition : que ça ne soit pas un jeu de dupes ». « Le gouvernement se prend aujourd’hui en pleine face ce qu’il a fait depuis des années, et je l’ai dit au premier ministre, une forme de mépris des corps intermédiaires », a-t-il accusé, appelant à des mesures nationales en matière « de salaires, de protection sociale et des plus modestes », a plaidé M. Berger.
FO a réclamé un « moratoire » sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier. Le syndicat va adresser un courrier pour demander une commission syndicats-patronat-gouvernement sur une prime transport pour les salariés automobilistes, a annoncé son représentant, Michel Beaugas.
La Confédération générale du travail (CGT) a pour sa part porté des « exigences » : augmentation du smic à 1 800 euros, augmentation des retraites et des minima sociaux, TVA à 5,5 % sur l’électricité, le gaz et le transport, ainsi que le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). « On pense que les revendications portées par les “gilets jaunes” sont légitimes et rejoignent celles qu’on porte depuis longtemps. Il peut y avoir une vraie convergence dans ce qu’on porte ensemble », a affirmé sa représentante, Marie-Claire Cailletaud, renouvelant l’appel de son syndicat à manifester samedi à Paris pour un rassemblement prévu de longue date contre le chômage, et qui sera élargi au pouvoir d’achat.
Enfin la CFTC a demandé au gouvernement de revenir sur la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) visant les retraités et réclamé des « mesures immédiates » pour les salaires, par la voix de son président, Philippe Louis. Le dirigeant de la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), François Hommeril, a appelé à réorienter les baisses de charges des entreprises vers le pouvoir d’achat.
« Il fallait faire quelque chose. » Chez Parrot, la rapidité de la décision du président-fondateur, Henri Seydoux, de monter au capital de la société en pleine déroute après l’annonce d’un troisième trimestre catastrophique n’a pas apaisé les inquiétudes qui règnent autour de l’avenir de cette pépite de la Tech. Au moins, l’offre publique d’achat lancée par son dirigeant patron historique aura-t-elle eu le mérite de signifier que ses dirigeants ne restent pas inertes.
Réuni vendredi 30 novembre, le conseil d’adminstration du numéro un européen des drones de loisir a pris acte de cette opération déclenchée au lendemain d’un spectaculaire plongeon de l’action. Il a décidé à l’unanimité de constituer un comité ad-hoc constitué de quatre membres indépendants du conseil d’administration, parmi lesquels Geoffroy Roux de Bézieux, par ailleurs président du Medef. Ce comité sera chargé de recommander un expert indépendant « chargé d’établir un rapport sur les conditions financières du projet » mais aussi de « formuler une recommandation », sans doute courant janvier.
Après la publication, le 22 novembre, des résultats faisant état de 51,8 millions d’euros de pertes nettes pour un chiffre d’affaires en recul de 40 %, à 23,4 millions euros, l’action Parrot s’est effondrée, sombrant jusqu’à un plancher jamais vu de 1,58 euro. Cinq jours plus tard, Henri Seydoux a fait savoir que la holding Horizon, qu’il contrôle intégralement avec sa famille, avait passé un accord avec un actionnaire – dont l’identité n’a pas été communiquée – détenteur de 9,59 % du capital. Prix proposé : 3,20 euros l’action alors que ces derniers jours, il végétait autour de 1,75 euro. Déjà actionnaire de 36,10 % du capital de Parrot, Horizon porterait ainsi sa participation à un seuil majoritaire, ce qui l’oblige à lancer une OPA.
Celle-ci propose une porte de sortie aux actionnaires minoritaires, y compris petits porteurs, à un cours supérieur aux niveaux atteints ces derniers mois mais bien inférieur à ce qu’il était du temps de la splendeur de l’action Parrot. Celle-ci a vu sa valeur fondre d’un tiers en un an et être divisée par deux en trois ans. Pour ceux qui ont cru aux chances de Parrot, la pilule est amère. En 2015, le spécialiste des drones de loisirs avait procédé avec succès à une levée de fonds de 300 millions d’euros à laquelle avait notamment souscrit à hauteur de 33 millions d’euros la BPI (Banque publique d’investissement), qui détient aujourd’hui 5,1 % du capital.
Les pertes sur 2018 devraient s’établir à 100 millions d’euros
En lançant une OPA qui lui permettrait de contrôler une partie plus importante voire la quasi-totalité du capital, Henri Seydoux cherche à limiter les dégâts provoqués par l’onde de choc consécutive à la dégradation – perceptible depuis la fin 2016 – des comptes de Parrot. Le fondateur de l’entreprise, créée en 1994 pour vendre des équipements connectés (kits mains libres, « infotainment ») pour l’industrie automobile, a fait savoir qu’il entendait maintenir la société en Bourse. L’été dernier, présentant son nouveau drone Anafi, il s’était donné deux ans pour rétablir la situation, soulignant que dans le domaine de la tech, il n’est pas surprenant de connaître des coups d’arrêts, suivis d’un rebond.
Les perspectives, cependant, sont incertaines. Les pertes sur 2018 devraient s’établir à 100 millions d’euros et le marché des drones de loisirs ne donne aucun signe de reprise à court terme, en particulier aux Etats-Unis où la marque française fondait de gros espoirs. Restent les ventes de drones (mais aussi de services associés) aux professionnels, un domaine en devenir sur lequel Parrot et ses filiales suisses ne réalisent encore qu’un chiffre d’affaires limité.
La société contrôlée par la famille Seydoux qui a cédé il y a quelques mois à l’équipementier Faurecia ses dernières activités dans l’industrie automobile peut encore compter sur des réserves de trésorerie (171 millions d’euro fin septembre). Un plan d’action, prévoyant entre autres une centaine de suppressions d’emplois sur un total de 620, doit être lancé afin avec l’objectif de conserver 100 millions de cash fin 2019. « Soit Henri Seydoux croit pouvoir redresser la barre, soit il faut se résoudre à céder l’entreprise avant qu’il ne soit trop tard. Mais à quel prix ? », s’interroge un analyste financier.