
Le lieutenant-colonel Pascal Tigri, jusque-là inconnu du grand public, est désormais au cœur du coup d’État du dimanche 7 décembre 2025 au Bénin.
Chef autoproclamé du « Comité militaire pour la refondation », Pascal Tigri est désormais présenté comme le principal instigateur du putsch avorté.
Un officier d’élite, mais peu influent
Âgé d’une quarantaine d’années, Pascal Tigri est issu de la Garde nationale, au sein de laquelle il a servi comme officier d’artillerie. Il a notamment commandé, de 2023 à janvier 2025, le 3ᵉ Groupement inter-armes, une unité formée en réponse aux nouveaux défis sécuritaires du pays.
Au moment du putsch, il dirigeait les Forces spéciales de la Garde nationale, un corps créé en 2020 et réputé pour la rigueur de sa formation : commandos aguerris, opérations délicates, capacité à survivre plusieurs semaines en brousse.
Le lieutenant-colonel Tigri a également été engagé dans la lutte contre le terrorisme, notamment au sein de l’opération Mirador, vaste dispositif de sécurisation déployé au nord du pays dès 2022. Ce parcours lui vaut une solide réputation militaire, mais pas une influence notable dans les sphères stratégiques.
Car malgré son rôle à la tête des forces spéciales, de nombreux médias et analystes s’étonnent de le voir à la manœuvre d’un putsch d’une telle ampleur. Le journal nigérian Tribune souligne qu’il ne bénéficiait d’aucun contrôle sur les unités véritablement stratégiques et ne figurait dans aucun réseau dissident connu. Un haut gradé béninois interrogé par Jeune Afrique le décrit d’ailleurs comme « calme, poli, presque réservé ». Et d’ajouter : « S’il est réellement derrière tout ça, alors il est manipulé. »
Une opération improvisée et un chef en cavale
Selon les autorités, les soldats ayant lancé l’assaut seraient partis de la caserne de Togbin, en périphérie de Cotonou, avant de diffuser une allocution à la télévision nationale. Mais l’opération a rapidement montré ses limites. Plusieurs observateurs, dont Senenews, parlent d’un putsch « fragile », peut-être improvisé, reposant davantage sur un effet de choc médiatique que sur un réel contrôle institutionnel.
Quelques heures après la déclaration des mutins, les forces loyalistes ont repris tous les points stratégiques, ramener le calme et engagé une vaste traque contre les meneurs.
Pascal Tigri, lui, a disparu.
À ses côtés lors de son apparition télévisée, le capitaine Samary Ousmane et le capitaine-major Castro Sambeni sont également en fuite. La BBC indique qu’ils font désormais l’objet de recherches actives de la part de l’armée béninoise, déterminée à neutraliser le groupuscule à l’origine de cette tentative de déstabilisation.




































