
Le projet « Stop Corruption, Stop VBG » a franchi une nouvelle étape ce 18 février 2026 à Grand-Popo avec le démarrage d’un atelier de formation des journalistes du Sud-Bénin.
Cette session de formation des journalistes sur le projet « Stop Corruption, Stop VBG », s’inscrit dans le cadre d’un programme de 18 mois lancé en octobre 2025 et mis en œuvre par un consortium composé de l’ONG SOS Civisme Bénin et du média Banouto, avec l’appui financier d’Expertise France.
Dans son mot introductif, Gamai-Léonce DAVODOUN, gérant à Banouto et membre de l’équipe projet, a rappelé la genèse de l’initiative :
« Il y a quelques jours, nous étions à Cotonou pour le lancement officiel du projet Stop Corruption, Stop VBG. Ce lancement marquait déjà une étape majeure dans la mise en œuvre de ce projet de 18 mois… L’activité qui nous réunit aujourd’hui est une autre étape majeure qui nous permet de rentrer encore plus dans le vif du sujet, notamment du volet média et communication. »
Il a souligné le rôle central des médias, qualifiés de « quatrième pouvoir », dans la dénonciation des déviances sociales et la mobilisation citoyenne. Si des avancées notables ont été enregistrées au Bénin dans la lutte contre la corruption et les violences basées sur le genre, notamment avec la mise en place de l’Institut National de la Femme, la corruption sexuelle et la sextorsion demeurent des phénomènes préoccupants, touchant majoritairement les femmes et les filles.
L’atelier vise ainsi à renforcer les capacités de 50 journalistes sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux. Répartis en deux cohortes (Sud et Nord), ils bénéficieront non seulement d’une formation, mais aussi d’un accompagnement personnalisé par des coachs pour produire au moins une enquête approfondie sur la sextorsion ou la corruption sexuelle.
La cérémonie a également été marquée par l’intervention de Lionel GBEGNONNOUDE, Conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), représentant son président empêché. « Notre présence ici n’est pas anodine. Elle traduit l’importance que nous accordons à l’outillage des journalistes béninois, ainsi qu’à la qualité du travail médiatique sur des thématiques aussi sensibles que la corruption sexuelle, la sextorsion et les violences basées sur le genre. »
Dans son message, il a insisté sur trois exigences fondamentales : la maîtrise du cadre juridique, l’exigence éthique et la responsabilité professionnelle. Il a rappelé que la liberté de la presse s’accompagne d’un devoir de rigueur, notamment dans le traitement de sujets touchant à l’intimité et à la dignité humaine.
« Informer ne doit jamais signifier exposer ou fragiliser davantage les survivantes… C’est sur cette note d’encouragement et d’exigence que je déclare, au nom du Président de la HAAC, officiellement lancé cette formation. »
Après la déclaration officielle de lancement, les 27 journalistes de la cohorte Sud, les formateurs, les coachs et les membres de l’équipe projet se sont présentés tour à tour, avant la traditionnelle photo de famille.
Plus tard dans la journée, Estelle AKPA-N’KAKOU, Directrice exécutive de SOS Civisme Bénin, est venue échanger avec les participants. Elle a plaidé pour une meilleure documentation des VBG, reconnaissant la complexité du sujet mais soulignant son urgence.
Elle a notamment relevé la faible production d’enquêtes approfondies sur la sextorsion et encouragé les journalistes à faire preuve de professionnalisme et de persévérance. Pour elle, cet atelier répond à un besoin crucial : former des professionnels capables de traiter ces questions sensibles sans sensationnalisme, tout en contribuant à briser le silence.




































