Du 20 au 23 avril 2026, s’est tenu au Bénin la phase test du baccalauréat blanc régional de l’UEMOA. Une initiative qui vise à expérimenter l’harmonisation de cet examen au sein de l’espace communautaire ouest-africain.
Dans sa phase expérimentale, ce baccalauréat blanc s’inscrit dans une dynamique d’intégration visant à faciliter la mobilité des apprenants et à garantir l’équivalence des diplômes au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Selon Ibrahima Karambe, conseiller au bureau de représentation de l’institution au Bénin, cette initiative répond à une vision claire : « Un élève ayant obtenu son baccalauréat pourra poursuivre ses études dans n’importe quel pays membre, dans les mêmes conditions que les nationaux, notamment en matière de frais et d’accès aux formations ».
Dans cette logique, il précise que l’harmonisation vise à proposer des épreuves similaires et reconnues par tous les États membres pour fluidifier la mobilité académique et professionnelle. Au-delà du cadre scolaire, cette réforme entend élargir les perspectives de la jeunesse : « Les apprenants ne seront plus limités à leur pays d’origine. Ils pourront étudier, travailler et s’installer librement dans les huit États membres », a-t-il ajouté, évoquant un véritable changement de paradigme.

Une étape déterminante pour le système éducatif
Du côté des autorités béninoises, cette phase test est perçue comme un jalon essentiel. Mathias Amour Ahomadégbé, directeur départemental des enseignements secondaires, techniques et de la formation professionnelle (Atlantique), souligne qu’elle permettra d’évaluer le dispositif avant sa généralisation : « Cette expérimentation nous permettra d’identifier les insuffisances et de procéder aux corrections nécessaires ». Face aux interrogations sur la disparité des programmes nationaux, il se veut rassurant : « C’est un processus progressif. À terme, tout sera harmonisé ».
Sur le plan organisationnel, cette phase pilote mobilise 296 candidats (135 filles et 161 garçons) issus des séries A1, A2, C et D, répartis dans 11 salles. Awala Sèchéde, chef-centre et directeur du CEG La Verdure, se félicite du bon déroulement du test : « Les candidats trouvent les épreuves abordables », indique-t-il, tout en restant prudent dans l’attente des résultats finaux.
Appréciation des candidats et perspectives

Au troisième jour de composition, les impressions sont globalement positives. Les élèves jugent les sujets accessibles et conformes aux programmes suivis, malgré quelques sections plus exigeantes. L’enthousiasme est tel que certains, comme Agossavi Bénide, appellent déjà à une généralisation : « Je souhaiterais que le baccalauréat béninois adopte définitivement ce modèle UEMOA pour que notre diplôme soit valable partout dans l’Union ».
Pour garantir l’excellence, un comité scientifique régional est en cours de création. Sa mission : veiller à ce que l’harmonisation ne soit pas un « nivellement par le bas », mais une montée en exigence qualitative.
Le Bénin, fort de sa réputation de rigueur dans l’organisation des examens, se positionne comme le moteur de cette réforme. Cette phase test est non seulement une vitrine du savoir-faire national, mais aussi une pierre angulaire de la construction d’un espace éducatif ouest-africain intégré.





































