Atelier « Stop Corruption, Stop VBG » : cap sur l’investigation de terrain

Après trois jours d’intenses échanges, d’apprentissages et de remises en question professionnelles, l’atelier de formation des journalistes en investigation sur la corruption sexuelle et les violences basées sur le genre (VBG) s’est officiellement achevé ce vendredi 20 février 2026 à Grand-Popo.

Prenant la parole, Obossou Hypolite EZIN, membre de l’équipe projet, a rappelé la portée du projet « Stop Corruption, Stop VBG », lancé en octobre 2025 pour une durée de 18 mois.

Porté par le consortium SOS Civisme Bénin et le média Banouto, avec l’appui d’Expertise France, le projet ambitionne de s’attaquer à un angle encore peu documenté au Bénin : la corruption sexuelle et la sextorsion. « Nous sommes convaincus que nous sommes parmi les pionniers sur cette question… notamment avec l’étude documentée sur la corruption sexuelle au Bénin, qui est une première», a-t-il lancé.

Le choix des communes comme Abomey-Calavi, Cotonou, Parakou et Porto-Novo n’est pas anodin. Ces espaces concentrent des dynamiques sociales, administratives et universitaires représentatives des réalités nationales.

Au cœur de cette initiative : une conviction forte. La lutte contre les VBG passe aussi par une meilleure compréhension du phénomène et par une production médiatique capable de documenter, d’expliquer et d’alerter.

Les journalistes, au cœur du mécanisme de changement

Durant son intervention, Obossou Hypolite EZIN a insisté sur le rôle stratégique des journalistes dans le dispositif du projet.

L’objectif est double : renforcer les mécanismes de dénonciation, encore fragiles et contribuer à l’amélioration du cadre légal et institutionnel.

Dans cette dynamique, les journalistes ne sont pas de simples relais d’information. Ils deviennent des acteurs clés capables de faire émerger des réalités souvent tues. « Vos travaux permettront de relever les faits, d’investiguer et de permettre à la communauté de s’approprier réellement la question», a insisté Obossou Hypolite EZIN.

Le projet entend ainsi mobiliser un large écosystème : journalistes, activistes, acteurs judiciaires, décideurs politiques, mais aussi usagers des médias et des réseaux sociaux.

Trois jours pour poser les bases… et ouvrir des perspectives

Prenant le relais, Gamai-Léonce DAVODOUN, le gérant de Banouto, a salué la qualité des échanges et l’engagement des participants.

Il a souligné la richesse des contenus, nourris à la fois par les interventions des formateurs et par les contributions actives des journalistes et des coachs. « Le contenu est assez riche, assez documenté… grâce à la qualité des modules, mais aussi à vos interactions», reconnaît-il.

Reconnaissant quelques insuffisances organisationnelles, il a présenté les excuses du comité d’organisation tout en rassurant sur la prise en compte des observations pour les prochaines étapes.

Mais au-delà du bilan, c’est surtout la dimension stratégique du volet média qui a été mise en avant.

Former pour produire, produire pour impacter

Le volet formation des journalistes apparaît comme un pilier central du projet.

L’ambition est claire :
faire émerger des enquêtes d’impact, sensibles au genre, capables d’influencer les politiques publiques et de briser le silence autour de la corruption sexuelle et de la sextorsion. « L’objectif est de renforcer les capacités des médias béninois afin de produire des enquêtes… et in fine, d’influencer les politiques publiques, briser le silence et mettre fin à l’impunité », a-t-il indiqué.

À l’issue de ces trois jours, un premier cap est franchi. Mais pour les organisateurs, il ne s’agit que d’une étape. « Le premier pan de l’objectif est atteint. Le défi maintenant, c’est de rester mobilisés pour la suite», selon Gamai-Léonce DAVODOUN

Et maintenant, le terrain

La suite du programme est déjà tracée :
validation des sujets d’enquête, accompagnement personnalisé, descentes sur le terrain, productions journalistiques.

Les participants seront suivis par des coachs, dans une logique d’encadrement continu, afin de garantir la qualité et l’impact des productions.

Un message fort a été adressé aux journalistes :
la formation a une fin, mais l’engagement, lui, doit se poursuivre. « Le projet a une durée, mais l’investigation du journaliste, c’est pour toujours », rappelle Gamai Léonce.

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