
La première édition de l’afterwork du Réseau des Jeunes Béninois de la Diaspora (RJBD) s’est tenue le vendredi 9 mai 2025 au complexe L’Hibiscus, autour d’un thème au cœur de l’actualité mondiale : « Construire son avenir avec l’IA : métiers d’aujourd’hui et de demain en Afrique ».
Cet événement inédit du Réseau des Jeunes Béninois de la Diaspora (RJBD), placé sous le slogan « Un verre, un contact, mille opportunités », a rassemblé étudiants, professionnels, stagiaires béninois et africains autour d’un objectif commun : réseauter, s’informer et se projeter dans un avenir où l’intelligence artificielle (IA) redéfinit déjà les contours des métiers.
Une IA qui façonne l’avenir professionnel africain
C’est dans une ambiance chaleureuse et détendue que s’est tenue la première édition de l’afterwork du Réseau des Jeunes Béninois de la Diaspora (RJBD). Il a connu la participation d’étudiants, de professionnels, de stagiaires béninois et africains. Des profils très variés mais l’objectif est le même : élargir son réseau dans un cadre amusant et profiter de cette soirée pour monter des projets solides avec d’autres personnes que ça soit des professionnels d’un même domaine ou non.
Cette soirée constitue également une occasion pour les participants de discuter autour d’un sujet majeur qu’est l’IA qui révolutionne le monde actuel. Jack Houeton, étudiant en master 2 en transformation digitale à l’ESMT, souligne d’emblée que l’Afrique n’est pas en marge du développement de l’IA : « Il y a aujourd’hui de nombreuses startups qui forment les jeunes, souvent en collaboration avec des écoles. L’Afrique n’est pas trop en retard. Le plus important, c’est que les jeunes s’intéressent, se forment, car ce monde évolue très rapidement. »
Pour lui, l’IA n’invente pas forcément de nouveaux métiers, mais révolutionne ceux existants : « L’IA s’intègre pour réduire les durées de travail, notamment dans la data ou le développement web. » Cependant, il alerte sur le danger des données biaisées, et encourage chacun à se former, en particulier via les ressources disponibles en ligne.
Mohamed Seibou, également étudiant à l’ESMT, considère que l’IA est désormais incontournable pour les jeunes africains : « Elle impacte l’industrie, la production, les startups. Qu’on soit informaticien ou non, il faut apprendre le langage technique et développer des compétences. ». Son intérêt pour cet afterwork repose aussi sur l’aspect humain de la rencontre : « J’aime découvrir des gens, apprendre des autres. Ce cadre m’a permis d’échanger de nouveaux contacts, et peut-être de trouver un futur collaborateur. »
Ruth Zoumaï Yadi, spécialiste des questions numériques et panéliste de l’évènement affirme : « J’ai eu l’opportunité ce soir de m’entretenir avec un ensemble de professionnels sur les questions de l’intelligence artificielle et de comment est-ce que cette intelligence artificielle bouleverse le monde du travail. Alors des échanges qu’on a eu, donc nous sommes tous d’accord que l’intelligence artificielle est en train de bouleverser le monde du travail. Nous faisons face à des métiers qui disparaissent, des métiers qui se voient bouleversés par l’intelligence artificielle et des métiers qui naissent de l’avènement de l’intelligence artificielle. »
Lorita Simbou, journaliste gabonaise vivant à Dakar, est également venue participer à cette première édition. Pour elle, l’IA est un outil, mais ne peut remplacer la dimension humaine : « Elle aide, certes, mais c’est nous qui la nourrissons. Elle ne peut pas remplacer la valeur humaine. Il faut s’adapter. » Elle reconnaît utiliser l’IA pour ses recherches et la correction de textes, ce qui lui permet de gagner en efficacité. Elle salue le cadre du RJBD : « J’ai rencontré beaucoup de personnes intéressantes, et j’encourage ce genre d’initiatives. Le réseautage est fondamental dans nos métiers. »
De son côté, Elifaz Dansou, conseiller juridique et fiscal, partage cet avis : « L’IA facilite la rédaction, permet de créer des documents que je peux revoir. Mais l’essentiel pour moi aujourd’hui, c’est de rencontrer d’autres Béninois, développer mon réseau, me reconnecter au pays. » Présent au Sénégal depuis 2016, il voit en ce type d’événement une occasion précieuse d’échanger avec ses compatriotes, y compris des profils expérimentés avec qui il envisage de collaborer.
Un cadre propice à l’échange et à l’innovation
Didier Lando, président du RJBD, et organisateur principal de cet évènement explique les motivations de cette initiative : « L’idée, c’est de sortir de notre routine, de nous retrouver au moins un vendredi par mois, de déstresser, mais aussi de réfléchir sur des thématiques porteuses. L’IA est une réalitéqui touche tous les métiers. »
Pour lui, l’enjeu est clair : il ne faut pas que l’Afrique subisse l’intelligence artificielle. Elle doit la façonner. « Si l’Afrique ne produit pas de données, nous aurons une IA qui répond aux préoccupations des autres, pas aux nôtres. Il faut se positionner dès maintenant. »
Il ajoute que : « Au niveau des jeunes béninois de la diaspora, nous avons jugé utile d’initier la conversation sur l’intelligence artificielle tout simplement parce qu’aujourd’hui c’est une réalité dans pratiquement tous les corps de métier et alors nous nous sommes dit quoi de mieux qu’un afterwork entre les jeunes professionnels afin quand même de partager nos expériences mais également nos inquiétudes en ce qui concerne l’intelligence artificielle. »
Le RJBD entend jouer un rôle actif dans cette dynamique, en créant des cadres de discussion, en jetant les bases d’un futur numérique africain plus inclusif et plus autonome. Le réseau appelle également des jeunes béninois à se servir des avantages de l’IA pour construire le Benin de demain et insiste qu’aucun pays ne peut se développer aujourd’hui sans l’IA.
Cet évènement vise à construire un avenir ensemble comme le signale Amédée Zohoun, président de l’Association des Étudiants et Stagiaires Béninois au Sénégal (AESBS). Il voit dans ce genre de rencontre un tremplin : « On ne peut rien faire sans réseau. Cet afterwork, c’est l’occasion de rencontrer des professionnels, d’échanger, de s’inspirer. C’est notre première édition, mais nous allons continuer chaque premier vendredi du mois. »
Il reconnaît que l’IA représente à la fois une opportunité et une menace, mais insiste sur la nécessité d’initier ce genre d’événements pour que les jeunes puissent anticiper, s’adapter et saisir les transformations du monde professionnel.
Cette première édition du RJBD Afterwork s’est révélée être un véritable succès. Elle a permis de croiser les expériences, les attentes et les visions de jeunes africains engagés dans la construction d’un avenir plus maîtrisé, plus collaboratif et plus technologique. Des discussions enrichissantes, des échanges de contacts prometteurs, et une même volonté : faire de l’IA un levier pour l’Afrique, et non un outil subi.
Le rendez-vous est déjà pris pour le mois prochain. Et comme le rappelle le slogan : « Un verre, un contact, mille opportunités ».
Roger KPETEKA






































