Phase II BIODEV2030 au Bénin : Un volet stratégique pour intégrer la biodiversité dans les politiques nationales

Les acteurs du développement territorial, des chercheurs et des partenaires internationaux ont été conviés les mardi 17 et mercredi 18 mars 2026 à un atelier d’intégration des acquis du Projet BIODEV2030 Phase II dans les Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) et le portage politique des réformes sectorielles favorables à la biodiversité du Bénin, à l’hôtel Casa Cielo de Cotonou.

Ainsi, après avoir identifié lors de sa phase I les principales menaces pesant sur la biodiversité, le projet BIODEV2030 entre dans sa phase II, orientée vers des actions concrètes dans l’agriculture et la foresterie.

Cette étape s’appuie sur des notes politiques, un projet territorial au Pôle de Développement Agricole 4 (PDA4) et des plans de financement, afin d’intégrer durablement la nature dans les politiques nationales. L’atelier permet à cet effet de capitaliser les acquis de la première phase, de mobiliser les acteurs sectoriels et territoriaux autour des réformes proposées et de favoriser l’alignement des actions avec le Plan d’Action National pour la Biodiversité (SPANB).

Parallèlement, il établit un cadre opérationnel pour la mise en œuvre durable des initiatives, en s’appuyant sur les notes politiques et la note conceptuelle développées au Pôle de Développement Agricole 4 (PDA4). Tels sont les objectifs de cet atelier organisé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD).

Pour le chargé de programme senior du projet BIODEV2030 phase ll au Bénin auprès de l’UICN, Vincent Atchou, cet atelier est l’occasion de transformer les actions du projet en véritables décisions politiques. « L’Union internationale pour la conservation de la Nature s’inscrit pleinement dans cette dynamique, non seulement à travers sa vision, un monde juste qui valorise et conserve la nature, mais surtout dans son programme quadriennal 2026-2029 Nature 2030 : Une seule nature, un seul avenir », a-t-il expliqué. S’en tenir à ses propos, la valeur de ces travaux dépendra de la capacité collective à transformer ces recommandations en décisions politiques et en actions concrètes.

Dans le même esprit, Azankpan Justin Dossou, représentant du Directeur général des Eaux, Forêts et Chasse, a insisté sur l’enjeu majeur qui consiste à transformer ces recommandations en actions concrètes. « L’intégration effective de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles nécessite une forte mobilisation des institutions, un dialogue renforcé entre les secteurs et une volonté commune de promouvoir des modèles de développement plus durables ».

Il a également rappelé que la biodiversité constitue un patrimoine national dont la préservation exige une vision partagée et un engagement durable de l’ensemble des acteurs.

Les résultats clés du projet BIODEV2030

Depuis 2020, le projet BIODEV2030 a permis de produire des analyses approfondies et des propositions concrètes pour orienter l’action publique en matière de biodiversité. Les travaux menés ont notamment contribué à mieux comprendre les interactions entre les politiques sectorielles et les pressions exercées sur les écosystèmes, en particulier dans les secteurs agricole et forestier.

Au-delà du diagnostic, le projet a identifié des pistes de réformes et des orientations stratégiques susceptibles de renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques. Ces résultats offrent aujourd’hui une opportunité importante pour aligner les politiques nationales avec les engagements internationaux du Bénin, notamment ceux de la Convention sur la diversité biologique et du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.

L’atelier constitue un cadre privilégié pour traduire ces recommandations en actions concrètes et priorités opérationnelles, renforçant ainsi le portage politique des réformes identifiées et jetant les bases d’une meilleure cohérence entre conservation de la biodiversité et développement sectoriel.

Les partenaires internationaux aux côtés du Bénin

Pour l’Agence française de développement (AFD), représentée par Agathe Durand, l’initiative illustre l’importance de rapprocher conservation de la biodiversité et développement économique. « Les travaux réalisés dans le cadre du projet BIODEV2030 illustrent l’intérêt d’une approche fondée sur la science et le dialogue entre les secteurs, la production d’analyses stratégiques et la recherche de solutions opérationnelles capables d’accompagner les transitions nécessaires dans les secteurs productifs », a-t-elle confié.

Face à l’enjeu du projet, qui vise à consolider ces acquis en favorisant leur inscription dans les cadres stratégiques nationaux et en soutenant les dynamiques de réforme, « nous restons pleinement disposés à poursuivre notre partenariat avec les institutions béninoises et les acteurs concernés afin d’accompagner les initiatives qui contribueront à concilier développement économique, gestion durable des ressources naturelles et préservation du capital naturel du Bénin », a-t-elle ajouté.

Agriculture et foresterie, les leviers clés de BIODEV2030

En effet, le projet a permis d’identifier les principaux secteurs où agir pour préserver la biodiversité, en mettant particulièrement l’accent sur l’agriculture et la foresterie. « Le projet BIODEV2030 a permis d’identifier les principaux facteurs de pression sur la biodiversité et de proposer des réformes concrètes, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et de la foresterie. Les notes politiques élaborées, ainsi que les initiatives territoriales développées, constituent aujourd’hui des bases solides pour renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles », a précisé Vincent Atchou.

Cette démarche se traduit par des actions concrètes sur la gestion des intrants, les chaînes de valeur et la politique forestière, garantissant une intégration durable de la biodiversité dans les politiques nationales. « Nous participons également à la prévention des catastrophes naturelles telles que sécheresses et inondations, en alertant les autorités et les populations à risque, et en fournissant des données pluviométriques pour orienter la gestion de l’eau », a rappelé Kakpa Didier, Directeur général de Météo du Bénin.

Ouvert sur deux jours d’activité, l’atelier a permis de dégager des recommandations et des résultats issus des groupes de travail consacrés à l’agriculture et à la foresterie, proposant des solutions concrètes pour une meilleure préservation de la biodiversité. Parmi les principales avancées figurent des orientations consensuelles en faveur de l’intégration effective des notes politiques BIODEV2030 dans les cadres nationaux existants, ainsi qu’un portage politique et institutionnel affirmé, matérialisé par des engagements clairs et l’élaboration d’une feuille de route indicative pour la mise en œuvre et le suivi desdites notes.

À travers ce projet, bien que la phase BIODEV2030 arrive à son terme, l’objectif reste clair : « L’héritage, ici, c’est la note conceptuelle au profit  PDA4, qui traduit les actions de réduction de la perte de la biodiversité, et les politiques en faveur du secteur forestier et du secteur de l’agriculture, qui contiennent des actions à mener pour que la biodiversité puisse être véritablement conservée. Nous laissons un héritage pour que les ministères sectoriels s’en approprient et que les décideurs arrivent à valider les actions que nous avons proposées au niveau des réformes », a-t-il conclu, Vincent Atchou, chargé de programme senior du projet BIODEV2030 phase Il au Bénin auprès de l’UICN.

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