Mieux comprendre le Vodun : le pari réussi de l’UPMB et du Comité des Rites Vodun

À travers une séance d’information organisée samedi 20 juin à Cotonou, l’Union des Professionnels des médias du Bénin (UPMB) et le Comité des Rites Vodun (CRV) ont réuni des dizaines de journalistes afin de leur donner des clés de lecture sur la théologie du Vodun.

À l’ouverture de la rencontre, le président de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB), Hervé Prudence Hessou, a rappelé l’importance de cette initiative rendue possible avec le Comité des Rites Vodun et qui vise à donner aux journalistes des outils de compréhension sur la théologie du Vodun et ses différentes dimensions.

Pendant près de deux heures et demie, le professeur Mahougnon Kakpo, président du Comité des Rites Vodun, a entretenu les professionnels des médias sur les fondements philosophiques, historiques et spirituels du Vodun.

Pour introduire son intervention, le communicateur s’est appuyé sur une œuvre musicale de l’artiste Sagbohan Danialou avant d’aborder l’évolution de la politique culturelle engagée au Bénin depuis 2016. Selon lui, la mise en place du Comité des Rites Vodun traduit une volonté de valoriser davantage un pan important du patrimoine culturel national.

« Déconstruire une narration fausse du Vodun »

Au cœur de son exposé, le professeur Mahougnon Kakpo a insisté sur la nécessité de dépasser les représentations négatives souvent associées au Vodun. « Déconstruire une narration fausse du Vodun et révéler le vrai », tel est, selon lui, l’objectif de cette démarche auprès des médias.

L’intervention a permis d’aborder plusieurs notions liées à l’univers Vodun, notamment son héritage historique dans l’aire culturelle Adja-Tado, les liens entre langue, identité et spiritualité, mais aussi la place des éléments de la nature dans cette conception du monde.

Le professeur a notamment évoqué les cinq éléments fondamentaux que sont l’eau, la terre, le feu, l’air et le sang, ainsi que les trois règnes du vivant : animal, végétal et minéral. Selon ses explications, ces éléments entretiennent une relation particulière avec les forces spirituelles dans la tradition Vodun.

La question du Fâ a également occupé une place importante dans les échanges. Présenté comme un système initiatique nécessitant un apprentissage approfondi, le Fâ a été décrit comme un outil de connaissance et d’orientation dans la conduite de l’existence humaine.

Le Vodun présenté comme une tradition porteuse de valeurs

Une autre partie de la séance a été consacrée au serment Vodun, présenté comme un engagement moral fondé sur des principes de responsabilité et de respect.

Le professeur Mahugnon Kakpo en détaille les trois étapes : l’invocation du Vodun, l’interdiction du parjure et l’auto-imprécation. Plus qu’un simple rite, ce serment est présenté comme un engagement moral.

Vol, trahison, assassinat, viol, adultère ou faux témoignage y sont proscrits. En parallèle, des valeurs telles que la fraternité, la solidarité, le respect de soi, le respect des autres et celui de la cité sont mises en avant.

Pour le professeur Mahougnon Kakpo, le Vodun ne saurait être réduit aux clichés qui l’entourent encore. « Le Vodun est un humanisme », a-t-il soutenu, invitant les médias à contribuer à une meilleure compréhension de cette tradition.

Dans la même dynamique, le professeur Amoussouvi a présenté aux journalistes plusieurs symboles liés au Vodun ainsi que les valeurs humaines qui y sont associées. Il a insisté sur la nécessité de ne pas confondre cette tradition avec des perceptions qui lui sont étrangères.

La rencontre s’est déroulée dans une ambiance d’échanges et de partage de connaissances, sans démonstration rituelle. Elle s’est achevée par un déjeuner de presse.

En choisissant d’ouvrir ses portes aux journalistes avant d’aller vers d’autres publics, le Comité des Rites Vodun semble miser sur un pari simple : changer d’abord le récit pour espérer changer le regard.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici