Autour des défis de développement de l’Afrique atlantique, un panel de réflexion s’est tenu ce vendredi 7 août à Cotonou à l’initiative du Centre de Méditerranéen de Développement au Maroc (MEDEV) et ses partenaires.
L’initiative portée conjointement par le Centre de Méditerranéen de Développement au Maroc (MEDEV) et ses partenaires béninois, notamment l’ONG Afrique Espérance et Développement, African Elephants Coalition et l’Association de lutte contre la drépanocytose au Bénin (Assolud-Bénin), avait pour thème : « Développement des pays côtiers et désenclavement du continent, une lecture par le Nexus développement-climat-sécurité ».
Elle traduit une volonté de créer des passerelles entre les acteurs africains autour des questions liées au développement, à la coopération et à la valorisation des potentialités du continent, avec un accent particulier sur la formation de la jeunesse. En effet, le panel a mis en évidence le poids stratégique de l’espace atlantique africain, qui concentre près de 60% du potentiel économique et 65% du potentiel démographique du continent. En ouvrant les travaux, le président du MEDEV, Nadjib Somoue, a d’abord salué les liens d’amitié et de fraternité entre le Maroc et le Bénin. Pour lui, cette rencontre traduit une volonté commune de contribuer à la réflexion sur l’avenir du continent. « Nous nous rencontrons d’abord pour célébrer l’amitié et la fraternité entre le Maroc et le Bénin, et pour développer un cadre d’échanges », a-il-fait savoir.
Dans son intervention, le président du MEDEV a insisté sur l’importance stratégique de l’espace atlantique africain et sur la nécessité de mieux connecter les pays du continent. Selon lui, les infrastructures portuaires peuvent jouer un rôle majeur dans la création d’une véritable chaîne de valeur africaine. À ce titre, le Docteur a évoqué le rôle stratégique des ports de Cotonou, Tanger et Dakhla, ainsi que d’autres plateformes portuaires de la région. « Nous avons parlé de l’importance des ports de Cotonou, de Tanger, de Dakhla et des autres ports de la région, ainsi que de l’importance de les connecter sur le plan logistique afin de créer une chaîne de valeur africaine capable de proposer davantage d’opportunités et de capacités de création de valeur pour les entreprises et pour les jeunes du continent africain », a expliqué Najib Somoue.
Pour l’économiste spécialiste de l’Afrique, cette dynamique ne doit pas rester limitée aux pays côtiers. Elle doit aussi permettre aux États enclavés de mieux profiter des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en facilitant leur accès aux échanges commerciaux et aux marchés africains. « Je pense que nous allons continuer à mener les mêmes initiatives pour unir davantage le continent africain et multiplier les opportunités de rencontres, afin de mobiliser encore davantage d’associations de la société civile du continent africain autour du projet de l’initiative de l’Afrique atlantique, sur le plan associatif », a-t-il lancé, estimant qu’une transformation profonde pourrait faire du Bénin un modèle pour plusieurs pays d’Afrique.
L’accent mis sur la gestion des ressources naturelles…

Partenaire de cette initiative à travers African Elephants Coalition, Azizou El-hadj Issa, président du Conseil des sages de cette coalition, a salué la tenue de cette rencontre au Bénin. Il a tenu à adresser ses remerciements aux autorités béninoises et marocaines. « Je voudrais remercier les autorités béninoises au plus haut niveau, ainsi que le pouvoir marocain, d’avoir permis qu’une initiative comme celle du Centre méditerranéen pour le développement se déplace à Cotonou », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien colonel des Eaux, Foret et chasse du Bénin, au-delà du cadre associatif, cette rencontre porte une réflexion plus large sur le développement du continent. « C’est quand même une réflexion portée par deux pays, le Bénin et le Maroc, qui s’intéressent au développement d’une partie importante du territoire continental africain », a-t-il souligné. Ancien colonel des Eaux, Forêts et Chasse du Bénin, Azizou El-hadj Issa a également insisté sur l’importance de la conservation de la biodiversité. Selon lui, l’éléphant occupe une place importante dans l’équilibre naturel. « L’éléphant est un grand régulateur de la forêt et joue un rôle essentiel dans l’équilibre de la biodiversité », a-t-il rappelé.
Mais au-delà de la protection de l’environnement, il a surtout insisté sur le lien entre ressources naturelles et sécurité. Pour lui, une meilleure gestion des richesses naturelles constitue aussi une réponse aux défis sécuritaires. « La sécurité passe aussi par la gestion de nos ressources naturelles », a-t-il affirmé.
S’adressant aux jeunes universitaires, l’ancien ministre les a invités à miser davantage sur la formation et les compétences. Il a salué les efforts engagés dans l’enseignement technique et professionnel, tout en appelant à adapter les formations aux réalités du pays. « Il ne faut pas conformer nos jeunes parce qu’il faut qu’ils aient un diplôme. Les formations doivent répondre aux objectifs de développement du pays », a-t-il conseillé.
S’en tenant à ses propos, l’Afrique dispose déjà d’importantes ressources naturelles et humaines. Le défi reste désormais de mieux préparer les compétences capables d’accompagner sa transformation. « Nous avons les ressources naturelles, les bras valides y sont. Il ne reste que la formation des ressources humaines », a-t-il conclu.
Au terme de cette 17e édition du Forum social mondial, le MEDEV et les organisations associées au Bénin : l’ONG Afrique Espérance et Développement, African Elephants Coalition et l’Association de lutte contre la drépanocytose au Bénin (Assolud-Bénin), ont procédé à la signature de partenariats. Ces accords reflètent la volonté de renforcer la collaboration dans la recherche, la société civile et l’accompagnement des initiatives liées à l’Afrique atlantique. Cette démarche ouvre ainsi de nouvelles perspectives de coopération entre les acteurs engagés pour une vision commune du développement du continent.

































