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Burkina Faso: Appel de l’Asce-Lc aux OSC pour contrer la corruption – De quelles OSC parle-t-on ?, un article de AllAfrica News: Corruption

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Dans le cadre du renforcement de la lutte contre la corruption, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC-) a initié, le 10 janvier dernier à Ouagadougou, une rencontre d’échanges au profit d’organisations de la société civile.

L’objectif était de solliciter leur accompagnement à l’effet de créer un front plus large pour contrer la corruption au Burkina.L’on peut, d’emblée, saluer l’initiative.

L’on peut d’autant plus la saluer que les OSC sont, par définition, des tribunes oeuvrant pour l’intérêt général et ce, de manière désintéressée. Et le patron de l’ASCE-LC, Luc Marius Ibriga, a su trouver les mots justes pour dire leur importance.

En effet, il a laissé entendre ceci : « le rôle de la société civile est très important parce qu’elle est le relais, auprès du citoyen, pour lui permettre d’être un soldat contre la corruption… ».

Luc Marius Ibriga a su également, de manière imagée, qualifier la corruption et mettre l’accent sur ses ravages par la même occasion.

Extrait : « La corruption est une pieuvre dont les multiples tentacules annihilent et anesthésient toute idée d’égalité et de justice sociales ». Voici qui est très bien dit. Du point de vue donc de la pertinence du souci d’associer les OSC à la lutte contre la corruption, l’on ne peut pas trouver à redire.

Mais l’on peut se poser la question de savoir s’il ne prêche pas dans le désert. Autrement dit, si l’auditoire du jour a les qualités civiques et morales nécessaires pour se hisser à la hauteur de l’enjeu. Pour résumer les choses, l’on peut poser au patron de l’ASCE-LC la question suivante : de quelles OSC parle-t-on ?

En effet, à la faveur notamment de l’avènement de l’insurrection d’octobre 2014, des OSC, tels des champignons, ont poussé partout au Burkina.

En soi, ce n’est pas une mauvaise chose puisque les OSC sont censées être des vigies de la bonne gouvernance et partant de la démocratie. Mais, bien des OSC, au regard de leurs faits et gestes au quotidien, sont aux antipodes de cette noble définition.

Les OSC qui ne roulent que pour leur panse sont disqualifiées pour prendre part à la lutte contre la corruption

En effet, il y en a qui se sont carrément éloignées des objectifs pour lesquels elles ont été créées pour s’afficher comme des appendices de partis politiques. Cette confusion de genres est un boulet au pied de la démocratie. Il faut à tout prix qu’elle s’en débarrasse si tant est qu’elles aspirent à grandir.

Mais il faut avouer que ce recadrage est plus facile à dire qu’à faire. Car, créer une OSC, par les temps qui courent, s’apparente au fait de créer une entreprise.

Tant que l’on a l’indécence de se faire l’écho de chapelles politiques, l’on aura toujours de quoi se mettre à l’abri du besoin. Cette approche bassement matérielle du concept d’OSC a encore de beaux jours devant elle malheureusement.

Car, l’on peut avoir l’impression que les Burkinabè, de plus en plus, adhèrent à l’adage machiavélique selon lequel la fin justifie les moyens. C’est ainsi que des OSC se sont transformées en véritables mines.

C’est ainsi également que les membres de ce genre d’OSC honnies s’étripent comme des charognards à chaque fois que ceux qui, dans l’ombre, les ont suscitées, leur font parvenir des espèces sonnantes et trébuchantes.

Les bagarres de chiffonniers auxquelles l’on assiste très souvent au sein de bien des OSC sont liées à cela. Bref, ces OSC qui ne roulent que pour leur panse sont disqualifiées pour prendre part à la lutte contre la corruption puisque elles-mêmes sont corrompues de manière congénitale.

Et l’on peut parier, sans grand risque de se tromper, que parmi les OSC qui ont pris part à la rencontre de l’ASCE-LC, il y en a qui traînent cette triste réputation.

Mais là où on peut être satisfait quelque part, c’est que de plus en plus aussi, les Burkinabè ont appris à distinguer le bon grain de l’ivraie. Et l’histoire va se charger de décanter les choses. L’on peut en être sûr. Car, on peut « tromper le peuple une partie du temps mais on ne peut pas le tromper tout le temps ».

Déjà, certaines OSC que les Burkinabè initialement avaient perçues comme des OSC crédibles, ont fini par se révéler comme des structures mafieuses.L’on n’a pas besoin de les citer ici, parce qu’elles se reconnaîtront dans cet écrit.

Pour avoir droit à la clémence des Burkinabè au tribunal de l’Histoire, elles doivent tout simplement passer aux aveux, voire prononcer leur dissolution. Le plus tôt sera le mieux, car on est dans un pays de savane où le camouflage permanent relève de la gageure.



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